Cupidités syndicales

Les syndicats ont été une bénédiction pour un grand nombre de travailleurs, surtout aux débuts de la syndicalisation et de l’industrialisation, au début du 20e siècle.

Aujourd’hui, sans nier leur importance, on voit bien que plusieurs syndicats sont devenus des monstres, dans leur taille, dans leur comportement (et ceux des syndiqués), dans l’exploitation de la richesse collective, comme l’ogre de l’histoire, qui n’en a jamais assez, aussi gras qu’il puisse être.

La lie merdique est remontée à la surface récemment avec le scandale des intimidations et de la corruption dans le secteur de la construction au Québec. Son principal syndicat, la FTQ, est encore dénoncée. On espérait que le ménage des « pommes pourries » avait été fait – la Commission Cliche remonte au siècle précédent – mais il appert qu’une nouvelle enquête pourrait être nécessaire.

Le portrait n’est pas plus brillant dans le secteur de l’enseignement.

Un professeur d’université, Guy Laperrière, a dénoncé les abus des surenchères d’origine syndicale dans son secteur. Il a aussi choisi de réduire sa tâche pour permettre à un jeune professeur d’accéder à un poste. Laperrière rappelle que les professeurs sont des privilégiés qui gagnent jusqu’à 120 000$ par année, alors que le salaire part à 32 000$ au secondaire, et qu’ils plafonnent à environ 70 000$ au primaire, au secondaire et au collégial, pour des professeurs qui travaillent beaucoup plus fort, ce qui est injuste.

Mais l’éthique n’est pas toujours cohérente avec elle-même! Aucun professeur (d’éthique ou autre) ne renoncerait à ses privilèges: sécurité d’emploi, sabbatiques, retraite graduelle à mi-temps mais 100% de salaire ou prime de départ d’un an, sans oublier les avantages corollaires: étudiants plus motivés, niveau d’enseignement plus intéressant, tâches de recherche stimulantes, participation à des congrès autour du monde… Un directeur de département reçoit un supplément de 9000$; un doyen gagne au moins 135 000$, un vice-recteur, 170 000$, sans oublier les frais de fonction, et des primes individuelles dont on se garde bien de dévoiler le montant!

Les professeurs eux-mêmes déplorent les mauvaises finances des universités québécoises, et pourtant leurs salaires représentent le plus glouton des postes de dépense! Au lieu de faire leur part, ils en exigent plus. Oserons-nous le mot « cupidité »?

Encore une fois, la solution est connue, mais ne sera pas appliquée. C’est habituellement dans ce contexte que disparaissent les civilisations. Le Québec est-il vraiment la social-démocratie qu’il se gargarise d’être?

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