L’anglais comme « ouverture sur le monde » ou hypocrisie merdique? (Cassivi)

La langue sale à Cassivi est-elle soluble dans La Presse ?  texte complet ici

Jean-Pierre Durand
Chronique de Jean-Pierre Durand
vendredi 22 juin 2012 


(…) Pierre Foglia a réussi à m’arracher une larme, dans sa chronique du 9 juin (« Pro domo, pour ma maison »), en m’apprenant que La Presse était – attachez vos tuques avec de la broche, car ça va fesser – quelque chose comme un nid de gauchistes et de séparatistes !

(…)
En parcourant le journal, donc, je suis tombé sur la chronique de Marc Cassivi (« La langue d’Ariane »), dans laquelle celui-ci trouvait que la chanteuse Ariane Moffatt avait eu du front d’interpréter des chansons en anglais dans le cadre des FrancoFolies. Il semblait se réjouir du même souffle qu’il n’y ait pas eu de réaction indignée de la part de l’auditoire. Il expliquait la chose en disant que « l’anglais n’est plus, pour la plupart des Québécois de moins de 40 ans, la langue de l’ »ennemi » ».

Cette idée d’interpréter des chansons en anglais aux Francos n’est pas neuve, car d’autres l’ont fait par le passé (je pense à Marie-Jo Thério, entre autres). Si Cassivi m’apprenait par contre qu’une tendance lourde se dessinait chez les chanteurs anglophones, d’ici ou d’ailleurs, à savoir de pousser quelques chansons en français, là il y aurait matière à tomber de sa chaise, car la chose est rare comme de la merde de pape.

(…) Ô combien nous serions estomaqués si les radios anglophones glissaient de temps en temps quelques chansons en français. Que nenni ! La plupart des anglophones n’en veulent pas ni n’achètent – au propre comme au figuré – notre culture. Ce n’est pas de la xénophobie de leur part, mais tout simplement de l’indifférence crasse. Nous sommes une bourgade et ils sont un empire… alors certains ont la grosse tête.

Il y a une mode anglophile qui se propage dans le monde à l’heure de la mondialisation, ce qu’on peut appeler aussi l’expansionnisme de la culture anglo-américaine, dont l’anglais est le principal vecteur. (…)

Par conséquent, ce n’est pas tant ce que Cassivi dit sur Ariane Moffatt qui me dérange mais la suite du texte où il écrit « que l’on a intérêt à maîtriser (l’anglais) si l’on veut s’ouvrir au monde ». Voilà, encore un!  Comme Elvis Gratton qui ne jure que par l’anglais pour la fameuse « ouverture au monde », comme d’autres ne jurent que par McDonald pour apprécier la gastronomie américaine. Cassivi porte des œillères s’il prête à l’anglais un tel rôle colossal sans s’interroger, sans être plus critique. Au lieu de faire preuve de conformisme étroit, il pourrait voir plus loin que le bout de son nez.

Et Cassivi y va ensuite de ses attaques habituelles contre les indépendantistes aux « réflexes réactionnaires », aux « délires paranoïaques », « qui voient partout, jusque dans leur soupe aux pois, des « méchants anglophones et fédéralistes » menacer l’avenir du Québec ».

Et il en cible un en particulier : Mario Beaulieu (Société Saint-Jean-Baptiste)  (…). C’est inouï comme il s’en trouve (j’en parlais dans mon préambule) des indépendantistes à La Presse, des indépendantistes atypiques qu’on ne voit nulle part dans les événements indépendantistes, qui le jour des élections invitent à annuler leur vote (Foglia) et qui conchient les nationalistes et leur reprochent tous les péchés du monde. Ces mêmes journalistes ne disent, par exemple, pas un traître mot sur le fait que United Irish Societies of Montreal organise annuellement sa St. Patrick’s Parade en faisant fi du français et en « oubliant » que bon nombre de Québécois francophones sont des descendants des Irlandais et portent fièrement un patronyme irlandais.

Ces mêmes journalistes qui n’ont de cesse de fustiger le nationalisme québécois (pourtant inclusif) sont habituellement peu diserts quand il s’agit de l’étalage du nationalisme canadien subventionné par Ottawa. HYPOCRISIE CRASSE.

En deux coups de cuillère à pot, Cassivi pense sûrement qu’il a cloué le bec aux indépendantistes, alors qu’il n’a fait que démontrer son ignorance du sujet dont il parle.

Son ton méprisant et calomnieux à l’endroit de Mario Beaulieu est consternant. Je tiens personnellement (et je sais fort bien que je suis loin d’être le seul) Mario Beaulieu comme l’un de nos plus importants défenseurs du français. Je le connais assez aussi pour dire que les intentions malveillantes que lui prête Cassivi sont un tissu de mensonges. Par contre, il est bien le défenseur du français comme langue commune et officielle du Québec, s’efforçant avec les moyens réduits à sa disposition de tout mettre en œuvre pour éviter la bilinguisation du Québec, qui paverait la voie à l’assimilation, comme ce fut le cas dans les autres provinces,   (…)

Enfin, pour conclure sur la Fête nationale, dont l’indépendantiste atypique Cassivi avoue ne pas être « friand des enthousiasmes nationalistes », ni « de l’agitation de drapeaux en général et du patriotisme exacerbé en particulier », rappelons que le choix de présenter un spectacle en français au parc Maisonneuve ne vise pas à brimer d’autres langues, mais à promouvoir cette journée-là en particulier la langue française comme langue commune et officielle.

On ne répétera jamais assez cette phrase de Bourgault : « Quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule. » Devinez laquelle, monsieur Cassivi ?

Que vous faut-il de plus, monsieur Cassivi ? Qu’on chante en anglais jusque sur la scène du parc Maisonneuve le 24 juin au soir pour que vous soyez satisfait ? Que l’on fête à Montréal la St. John the Baptist Day tout en anglais comme c’est devenu le cas dans certaines communautés naguère franco-américaines de la Nouvelle-Angleterre ? Deriez-vous par hasard un brin… francophobe ?

Plutôt que de demander qu’on exauce vos vœux, monsieur Cassivi, commencez donc d’abord par écrire une partie de vos chroniques en anglais dans La Presse pour donner l’exemple aux générations futures.

Vous deviendrez alors en un rien de temps l’idiot utile de notre assimilation !

 

Commentaire d’un usager:
L’anglais est une langue largement répandue et s’est imposée comme langue véhiculaire par excellence sur la planète. Cela donne l’impression d’en faire un moyen d’ouverture sur le monde. Toutefois cette ouverture est factice. Que passe-t-il entre un Espagnol et un Chinois qui se parlent en anglais. Pas grand chose hormis un paquet de lieux communs sans grand intérêt.

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