Monthly Archives: juin 2013

Québec indépendant: discours de Charles de Gaulle

Québec indépendant: discours de Charles de Gaulle

Toujours d’actualité.

Durée 20 minutes; si vous êtes pressés, écoutez au moins les 5 premières minutes.

Quel grand orateur.
Vive la France, vive le Québec libre!


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A call from the heart to the immigrants and the Natives in Quebec

Dear immigrant friends,

You came to live to Canada, more precisely in this country, Québec, that we built since our French ancestors came to create Nouvelle-France (before it was called Canada). They were the first immigrants in this country which was then occupied by the Amerindians but not organized or developed.

You seem to like the « concept of Canada ». But could it be that what you really like in Québec, enough to come live here, is in fact the « concept of Quebec »? It would be no shame for you to recognize it for yourselves. And your integration in our society would only be more harmonious.

Thirty-five years ago, the National Assembly of Québec voted a law, by democratic ways, officializing French as the national language of our nation and future country. This is the mother tongue of 82% of the population which welcomes you (approximately 60% in Montreal), and which is known by 94% of the population.

 

French is the official language in 28 countries, is known/spoken by more than 300 million people, is official language at the United Nations, is the language par excellence of diplomacy and of love.

The French majority of Quebeckers cannot learn the multitude of languages brought here by the immigrants. It would be more logical whether it is the opposite. Don’t you think that mutual respect would be easier in this way? Regrettably, many allophones immigrants prefer to adopt English, the minority language in Quebec.

 

Québec is a magnificent country which only asks to be recognized as such, and it will eventually happen in a official way. The founding French majority of Québec and Canada is holding out its hand to you, the allophones immigrants tempted by the delusion of English (and of the Canadian Anglo-Saxon culture which has not much to do with progressive Québec).

 

I realized, rather lately, this fact: I have several friends whose origin is not from Québec (« people of color »). And nevertheless I assure you that when I hear them speak French, I do not see any more  differences between us. Language is the foundation of nations and cultures. In Québec, it is French. 

 

We are holding our hand to you and to our native nations which are better treated in Québec than anywhere else in Canada, to continue to develop this magnificent country of Québec, with pride, dignity, in peace and democracy, all of us collected around a very beautiful common language which is French according to the law, one the five official languages at the United Nations.

English as second language is not forbidden! We are not at war against English, we want to protect the founding French nation of Canada, against the efforts of English Canada that wishes to eradicate it. You must understand that English represents, to the French majority of Québec, the language of a minority who historically have oppressed the French culture in Canada and in Québec.

 

This deal’s on you. We wait for you. Let’s join.

Long live free, democratic, French Québec, already a nation of the world.

Appel du coeur aux immigrants et aux autochtones du Québec

Chers amis immigrants,
 
Vous êtes venus vivre au Canada, plus précisément au Québec, un pays que nous avons bâti depuis nos ancêtres Français qui ont fondé la Nouvelle-France (le Canada), eux qui étaient les premiers immigrants dans ce pays qui était alors occupé par les Amérindiens. Ce sont ces premiers arrivants européens et leurs descendants qui ont bâti le Québec moderne.
 
Vous aimez le « Canada ». Mais peut-être qu’en réalité vous aimez le « Québec »? Ce ne serait pas une honte pour vous de le reconnaître pour vous-mêmes. Et votre intégration dans notre société n’en serait que plus harmonieuse.
 
Par ailleurs, l’Assemblée nationale du Québec a voté une loi en 1977, par voies démocratiques, faisant du français la langue officielle de notre nation et futur pays. Cette langue est la langue maternelle de 82% de la population du Québec qui vous accueille (environ 60% à Montréal) et elle est connue par 94% de la population totale.
 
La majorité de Québécois ne peuvent pas apprendre la multitude de langues apportées ici par les immigrants. Il serait plus logique que ce soit l’inverse. Ne croyez-vous pas que le respect réciproque serait plus facile de cette façon? Malheureusement, encore trop d’immigrants allophones préfèrent adopter l’anglais, langue minoritaire au Québec.
 
Le français est la langue officielle dans 28 pays, elle est connue ou parlée par plus de 300 millions de personnes, elle est une langue officielle aux Nations Unies, c’est la langue par excellence de la diplomatie et sa culture est très puissante.
 
Le Québec est un pays magnifique qui ne demande qu’à être reconnu comme tel, et cela finira par arriver de façon officielle. La majorité française fondatrice du Québec et du Canada vous tend la main, à vous les immigrants allophones tentés par l’anglais (et par la culture anglo-saxonne canadienne qui a peu en commun avec celle du Québec progressiste).
 
J’ai plusieurs amis dont l’origine n’est pas du Québec. Et pourtant je vous assure que dès qu’ils parlent français, je ne vois plus nos différences.

Car la langue est le fondement des nations et des cultures, et au Québec, c’est le français.

 
Nous vous tendons la main, à vous et  aux nations autochtones, qui ont aussi souffert du régime fédéral, et qui sont mieux traitées au Québec que partout ailleurs au Canada, pour continuer de développer ce magnifique pays du Québec, dans la fierté, la dignité, la paix et la démocratie, tous rassemblés autour d’une très belle langue commune, qui est le français selon la Loi, et qui est l’une des langues officielles à l’ONU.
 
L’anglais langue seconde n’est pas interdit! Nous ne sommes pas en guerre contre l’anglais, nous voulons préserver et continuer d’épanouir la nation française fondatrice du Canada, envers et contre les efforts du Canada anglais qui souhaite la faire disparaître. Vous devez comprendre que pour la majorité française du Québec, l’anglais est la langue d’une nation qui nous a conquis et oppressé (sans nous faire disparaître encore) et qui souhaite l’éradication du fait français au Canada.

Tout comme elle a oeuvré à la marginalisation, et la presque disparition des nations autochtones, tant au Canada qu’au Québec. Les « affaires autochtones » sont de juridiction fédérale, pas québécoise.

 
La balle est dans votre camp. Nous vous attendons. Joignons nos efforts pour l’avenir.
 
Vive le Québec libre, démocratique et français, déjà une nation du monde

Liste des bons coups et des reculs du Parti québécois, 2012-2013

D’abord les bons coups du PQ entre son élection de septembre 2012, et juin 2013:

 

– Fermeture de Gentilly-2
– Abandon de l’amiante
– Nombreuses lois contre la corruption
– Élections à date fixe
– Comme promis, abolition de la loi 78 et de la hausse des frais de scolarité du PLQ. Maintien de la bonification des prêts et bourses. Indexation, tel que répété tout au long de la campagne électorale et avant. Seuil de contribution parentale passé de $28,000 à $45,000
– Investissement de près de 1M$ dans le cadre du programme AccèsLogis Québec pour logements à moindre coût pour les personnes dans le besoin, dans la région de Sherbrooke. De plus, comme promis, 3,000 logements abordables s’ajouteront au cours des années (prévu dans le budget)
– Procureurs mandatés de trouver des preuves pour poursuivre les entreprises et récupérer l’argent volé à l’État (Ceic)
– Création de la Banque de développement économique du Québec (régions) Dépôt fait.
– Programme d’appui au développement des attraits touristiques (baisse de 0,8 % du nombre des touristes en 2012)
– Tel que promis, les garderies sont toujours à $7.00 et augmentation des places
– Maternelle à 4 ans dans des zones de pauvreté afin de lutter contre le décrochage scolaire
– Bataille pour Registre des armes à feu
– Hausse du salaire minimum
– Moratoire total sur gaz de schiste dans la Vallée du St-Laurent en attendant le rapport du BAPE
– La deuxième phase du Registre du cancer est en cours
– Nouveau plan pour lutter plus efficacement contre le cancer
– Ajout de 146 lits de soins de courte durée à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur, Lanaudière
– Ajout d’une somme de 8M$ afin de diminuer de 22,5% l’iniquité interrégionale dans le financement de la santé et des services sociaux
– Région des Laurentides bénéficiera annuellement d’un budget supplémentaire de 1 244 500 $ pour améliorer les services aux jeunes adultes de 21 ans et plus ayant un trouble envahissant du développement, comme l’autisme, une déficience intellectuelle ou une déficience physique.
Et 2 693 839 $ visant des objectifs plus généraux liés notamment à l’amélioration des services d’évaluation et d’intervention précoce, des services spécialisés offerts par les centres de réadaptation et du soutien à la famille.
Aussi, mise en place d’un groupe de travail devant se pencher particulièrement sur l’organisation des activités socioprofessionnelles offertes aux personnes de 21 ans ou plus ayant un TED ou une déficience.
– GMF: obligation d’ouvrir leurs portes les soirs et les fins de semaine
– Comme promis, instauration d’un crédit d’impôt remboursable pour les activités des jeunes
– Augmentation jusqu’en 2019 de taxe compensatoire des institutions financières. Pour ceux qui ne comprennent pas: http://www.revenuquebec.ca/fr/entreprise/impot/societes/declaration/compensatoire.aspx
– Hausse du taux d’imposition des revenus excédant 100 000 $
– Fin des programmes de petites centrales hydroélectriques à cause du surplus d’électricité (sauf Val-Jalbert, eh oui!)
– Forum sur redevances minières. Réforme de la loi sur les mines en cours
– Dépôt d’un projet de loi pour créer un comité indépendant qui aura pour mandat d’enquêter sur les incidents impliquant des policiers au Québec
– Projet d’électrification des transports
– Dépôt de nouvelle Loi 101 pour promotion de notre langue
– Révision des cours d’histoire au primaire et au secondaire
– Vote dans les établissement scolaires et les centres de formation professionnelle
– Gestion responsable des finances – Équilibre budgétaire. (Remboursement de la dette coûte près de 10 milliards en intérêts)
– Projet de Loi 22 – Bonification du régime d’indemnisation des victimes d’actes criminels
– Contribution de plus de 770 000$ pour le renouvellement de plusieurs conduites d’eau à Baie-Saint-Paul
– Annonce de la construction d’un nouvel hôpital à Baie-St-Paul
– 8 M$ dédiés à la récupération des matières recyclables dans les aires publiques municipales. Programme financé à parts égales par le MDDEFP et par des contributions volontaires de Éco Entreprises Québec
– Projet de loi qui élargira le mandat du vérificateur général. Il pourra mettre son nez dans toutes les sociétés d’État, y compris Hydro-Québec
– Plan ambitieux de promotion de la souveraineté
http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2013/02/20130208-233200.html
– Gouvernance souverainiste
– Motion proposée et adoptée à l’unanimité pour l’accès aux Archives fédérales concernant la Constitution
– Investissement de 61 millions pour construction de 226 unités de logements à prix modique au Nunavik
– Construction de cinq nouvelles écoles en Montérégie (re: boom démographique)
– Construction de deux nouvelles écoles sur le territoire de Sherbrooke
– Banque de lait maternel pour prématurés
– Souveraineté alimentaire “Nos terres agricoles sont notre richesse et notre garde-manger”
– Nouvelle Unité des soins palliatifs Portneuf (inaugurée 26 avril)
– Échographies en clinique privée seront désormais couvertes par le système de santé public
– Octroi d’une aide financière à la Fondation de la visite (violence conjugale immigrantes et minorités ethnoculturelles)
– Nouvelles exigences alimentaires du gouvernement dans les hôpitaux et les centres d’hébergement.
– Comme promis, investissement récurrent de 15 millions pour les soins palliatifs dont 11 millions pour soins à domicile, le reste aux CHSLD et centres d’hébergement
– Annulation de la hausse de 1 cent/kwh du tarif du bloc patrimonial d’électricité du PLQ et remplacement par indexation au coût de la vie
– Investissement total de 121,7 millions au Centre femme-jeunesse-famille au CHUS
– Meilleur accès à la justice: montant aux petites créances passe de $7,000 à $15,000
– Plan d’action quinquennal pour le développement de l’industrie des pêches et l’aquaculture commerciale: investissement de 12,5 millions $ par année pour les deux prochaines années
– Le gouvernement Marois a réussi à attirer le géant britannique des effets spéciaux FRAMESTORE à Montréal en début d’année. La société londonienne prévoit créer 200 emplois d’ici la fin de l’année à Montréal pour ainsi devenir la plus importante entreprise d’effets spéciaux au Québec.
– Depuis l’arrivée du PQ, il s’est créé 49 000 emplois. Plus de 4 millions de Québécois sont au travail!
– Abolition de la règle des 15 ans pour les médicaments. Conséquence : médicaments moins chers.
– Contrat de la clinique Rockland MD non renouvelé. Donc, fin de la sous-traitance coûteuse par Hôpital Sacré-Coeur.
– Fin des “frais accessoires” disproportionnés et non justifiés dans les cliniques privées (gouttes à 300 $, etc.).
– Fin des PPP dans le réseau de la santé (cinq CHSLD en PPP, construction du CHUM et du CUSM): cela ne se reproduira plus.
– 110 M $ de plus pour les services aux aînés comme promis (budget Marceau).
– Adoption d’une réglementation pour la certification des résidences pour aînés.
– Fin du préavis de 24 h pour les visites d’inspection en CHSLD.
– Nombreuses actions en matière d’affaires autochtones
http://www.premier.gouv.qc.ca/actualites/communiques/details.asp?idCommunique=1775
– Succès concret de la PM au Conseil de la fédération: a réussi à convaincre ses homologues de rejeter le nouveau programme fédéral de formation de main-d’oeuvre, la Subvention canadienne pour l’emploi
– Le Centre d’excellence du logiciel libre a été créé
– Des mesures prises pour faciliter la scolarisation au Québec des enfants migrants dont les parents sont à statut précaire

 

  

LISTE DES MOINS BONS COUPS

(Il y a quelques contradictions entre les deux listes)

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 En bonus:
Pourquoi la Première ministre Marois a-t-elle quitté sa circonscription de Taillon pour aller vers celle de Charlevoix où elle n’a aucune attache outre le fait que c’est le fief de Paul Desmarais/Power Corporation?
Financement à coups de millions du Domaine Forget (établissement réservé aux riches) dans cette circonscription tout en coupant dans des services sociaux comme l’aide sociale?

 

 

Marie-Claude Malboeuf: plainte en diffamation, la journaliste devenue « prédatrice »?

La journaliste Marie-Claude Malboeuf`: plainte formelle au Conseil de presse du Québec pour grave diffamation. 

Titre de l’article: « Le psy devenu prédateur »
Date publication: 5 mars 2013

Adresse source de la photo:

RÉSUMÉ DE LA PLAINTE
 
Dans cet article tendancieux, sensationnaliste et diffamatoire, Marie-Claude Malboeuf de La Presse se pose en juge et jury contre un ex-psychologue, qui a été ni accusé, ni condamné ou judiciarisé d’autre façon, sur la base de témoignages, l’un en particulier (« Sophie ») sur lequel est fondé l’essentiel de l’article, qui devrait être présenté avec une extrême prudence et dont la crédibilité devrait au moins être examinée.

1. TITRE

1.1
Le titre est sensationnaliste, un choix éditorial diffamatoire de Malboeuf qui semble être à la recherche de visibilité. Sur ce point, Malboeuf a dû trouver satisfaction à ce que cet article dévastateur soit publié à la Une de La Presse.
 
1.2
Le mot « prédateur » est diffamatoire, il est utilisé gratuitement par Malboeuf, en justice, il réfère à un crime grave.
Or, Lesage a été longuement interrogé par la police à la suite de la plainte pour viol déposée contre lui par « Sophie », et la plainte a été fermée par la police faute de preuve. Par contre, Lesage aurait une très bonne cause en diffamation contre Malboeuf.
 
1.3
Peut-on voir cet interrogatoire et Malboeuf l’a-t-elle consulté?
Que pourrait-il nous révéler que Malboeuf ne souhaiterait pas voir publié, par exemple à propos de la prétendue victime?
 
2. PHOTO

La photo utilisée par Malboeuf est extraite de la page Facebook de Lesage sans son autorisation (violation de propriété intellectuelle).
Elle est un choix éditorial tendancieux en faisant mal paraître Lesage.
Ce n’est pas une photo destinée à des fins professionnelles.
Il existe des photos plus avantageuses de Lesage.

3. ENTREVUE À CAMÉRA CACHÉE

3.1
La photo (sur la version web de l’article) comporte un lien menant vers l’entrevue faite à caméra cachée par Malboeuf avec Lesage dans un café montréalais.
La vidéo débute par un avertissement d’un sensationalisme ridicule:
« Les propos contenus dans ce reportage pourraient sembler choquants. Nous
préférons vous en avertir. »
Or la vidéo ne contient rien de « choquant »; cette affirmation est sensationaliste, exagérée, de mauvaise foi.
 
3.2
La vidéo du reportage est présentée selon le format « J.E. » montrant Malboeuf comme une détective, en gros plan au téléphone, prenant des notes d’un air inquiet.
Ce format est en soi une forme de manipulation de l’opinion.
En outre, ce format semble d’abord viser à mettre en valeur Malboeuf et non l’information.
 
3.3
On ne sait rien de la présumée victime évoquée dans cette vidéo.
Quelle est la crédibilité de son témoignage?
Pourquoi Malboeuf ne dit-elle rien de la relation personnelle (extrathérapeutique) qu’aurait eu « Sophie » avec Lesage?
Quelle est la motivation de « Sophie » à témoigner?
En fait, quelle est la crédibilité de Malboeuf?
De nombreux cas de plaintes pour harcèlement sexuel sont en fait des tentatives de manipulation ou de vengeance personnelle.
Malboeuf a choisit d’ignorer ce fait car il aurait nuit à ses propos sensationnalistes.
 
Malboeuf écrit:
« Sa victime est trop fragile pour parler à la caméra, car elle a fait une psychose, elle a été hospitalisé en psychiatrie. »Malboeuf induit ainsi sans preuve et amène le lecteur à conclure comme elle l’a fait que cette psychose aurait été provoquée par Lesage.
Qui a diagnostiqué la « psychose »? La « psychose était-elle préalable aux événements?


3.4

Dans le reportage, Malboeuf interroge Lesage de façon tendancieuse, plus comme une policière que comme une journaliste.
Chez certains journalistes, la marge entre « travail d’information » et « enquête policière » est devenue bien mince de nos jours.
« Ça ici là, n’est-ce pas une tentative de séduction? » (question dirigée)
Lesage admet dans la vidéo qu’il aurait tenté de séduire la femme; Malboeuf associe « séduction » à un geste criminel: la prédation. Sensationnalisme.
Sur un ton paternaliste et menaçant, Malboeuf demande à Lesage:
« À quoi je devrais m’attendre si je continue de chercher, deux, quatre, cinq, dix autres cas? » 

3.5
Malboeuf dit de Lesage au début du reportage:
« Jeux sexuels, attouchements, c’est ce qu’il leur a fait subir » (aux présumées victimes).
Ce sont des accusation alléguées, partagées uniquement par Malboeuf et l’unique témoin.
Si la présomption d’innocence existe en Droit, à plus forte raison dans ce type de reportage de pauvre qualité.
À tout le moins, en éthique journalistique, Malboeuf aurait dû utiliser le conditionnel: « c’est ce qu’il leur aurait fait subir selon notre témoin ».

3.6
L’incident de la poire à lavement est présenté par Malboeuf comme si c’était une preuve.
Elle insinue clairement que Lesage l’aurait utilisée sur la victime présumée, sous hypnose, pour camoufler une relation sexuelle.
Malboeuf tente de diriger l’opinion du lecteur vers sa propre conclusion sordide de l’incident, à partir d’un seul témoignage, celui de la présumée victime.
Le parti-pris de Malboeuf est évident, sinon son intention de détruire une réputation par manipulation de l’information.
Il s’agit d’une petite poire à lavement (souvent de couleur bleue comme trouvée en pharmacie) dont Lesage se sert pour se laver les oreilles.
La présumée victime affirme qu’après une consultation elle a réalisé qu’elle avait « de l’eau et du sang » qui coulait entre ses jambes.
Doit-on la croire?
Cette poire est conçue pour nettoyer les oreilles, c’est l’usage que Lesage dit en faire sur lui-même, mais une femme peut facilement se l’introduire elle-même dans le vagin, dans l’intimité de la salle de bain de Lesage.

3.7
Dans la vidéo, Malboeuf recueille les commentaires de la présidente de l’Ordre des psychologues, Rose-Marie Charest.
Or, Charest ne fait aucune mention des gestes présumés de Lesage.
Elle ne mentionne même pas son nom.
À tel point qu’on peut se demander si Charest regarde bien la vidéo que Malboeuf dit être en train de lui montrer.
La vidéo de Malboeuf présente donc faussement le témoignage de Rose-Marie Charest la présidente comme s’il appuyait de facto les allégations de Malboeuf et de sa témoin principale.

3.8
La vidéo dure deux minutes.
L’entrevue a duré environ une heure.
Que pourrait nous montrer le reste de l’entrevue?
Quel autre choix éditorial douteux Malboeuf aurait-elle fait dans le montage de la vidéo?

4, TEXTE DE L’ARTICLE 

4.1
Malboeuf écrit:
« Radié pour avoir soumis au moins cinq clientes à ses obsessions sexuelles ».Que signifie le mot « soumis » pour Malboeuf?
Lesage a-t-il invité ses présumées victimes, ou y a-t-il eu actes sexuels tel que l’insinue Malboeuf et si oui lesquels?

En outre, nous avons consulté les quatre dossiers de plainte contre Lesage à l’OPQ.
Les quatre dossiers concerne des affaires similaires plutôt mineures.
On n’y voit rien de criminel ni même qui justifierait le terme de « prédateur »: Lesage admet avoir séduit une (ou deux) de ses patientes et avoir eu des relations sexuelles avec l’une d’elles sur consentement réciproque.


4.2
 
Malboeuf écrit:
« Une toute jeune femme »Allusion de pédophilie ou de pédérastie.
« Qu’il a bombardée de messages pornographiques »
Que signifie « bombardée »?
Que signifie « pornographiques »?

« Hypnotisée »
Lesage a nié avoir hypnotisé la présumée victime.

« Droguée dans un chalet »Malboeuf laisse croire que Lesage aurait lui-même drogué la présumée victime. Sait-on si la présumée victime, qui se décrit elle-même comme forte consommatrice de drogues, aurait consommé une drogue de son propre chef?
Il semble que le rapport de police affirme que l’épisode du chalet ne donne aucun fondement à la plainte qui a d’ailleurs été fermée sans suite.
 
« et poussée à la psychose »
Malboeuf affirme que Lesage a poussé la présumée victime à la psychose, mais
que sait-on de l’état mental préalable de « Sophie »?

4.3
Malboeuf écrit:
« Pourquoi cette eau qui coule ? Que s’est-il passé pendant la séance ? Plus tard, Sophie repensera à la poire à lavement qui traînait dans la salle de bains de la salle d’attente. » 
Malboeuf infère une conclusion sordide en stimulant l’imagination du lecteur, sur la simple base que la présumée victime s’est souvenue qu’il y avait une poire de lavement dans la salle de bain!

4.4

Malboeuf écrit:
« Depuis les événements, (la présumée victime) souffre de choc post-traumatique sévère avec dissociations. Son traitement est financé par l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC). Depuis trois semaines, elle est hospitalisée en psychiatrie. Psychose. « 
Que sait-on de l’état mental préalable de la présumée victime?
Malboeuf insinue que Lesage a provoqué la psychose de la femme.
Qui a diagnostiqué le « choc post-traumatique »?


4.5

Malboeuf écrit:
« une chose est certaine: le Montréalais de 59 ans est un prédateur. »
« Chose certaine » selon qui? La présumée victime? Malboeuf? Un juge?
Malboeuf a-t-elle le droit d’utiliser ce terme grave et judiciarisé?


4.6

Dans le paragraphe « Jusqu’en 2004… » qui ferait un bon scénario de film de David Fincher, la moindre éthique journalistique recommanderait l’usage du conditionnel, mais Malboeuf ne s’en embarasse aucunement dans cet article d’autant dévastateur qu’il est présenté comme la conclusion positive d’une enquête policière qui n’est en fait que l’enquête de Malboeuf.

4.7
Malboeuf écrit:
« les transcriptions d’audition que nous avons obtenues parlent d’un « abuseur » »
Un abuseur, insinuant un « violeur »? De quel type d’abus parle-t-on?

4.8
Malboeuf écrit:
« Jusqu’à ce que La Presse le débusque »
Insinuation voulant que Lesage se cachait, ce qui est faux.

 » dans le cadre d’une enquête sur les gourous »
Insinuation que Lesage serait un « gourou ».
« derrière une porte pleine de traces de doigt »
Association tordue des traces de doigts à la « saleté » de Lesage. 
Malboeuf n’est même pas allée chez Lesage, que sait-elle de la propreté des lieux?

4.9

Malboeuf écrit:
« Chaque fois, (Lesage) ramène ses propres fantasmes sur le tapis : sodomie, trios sexuels… Il conseille d’emblée à Sophie de publier une petite annonce pour trouver un homme qu’elle pourra pénétrer à sa guise. Il lui exhibe un gros pénis de plastique noir, fixé à une ceinture de cuir, et lui propose de lui donner des «conseils techniques». Il lui envoie au moins six films pornographiques par MSN.
Tous mettent en vedette son jouet fétiche, d’une longueur insensée. »

Si Lesage a vraiment prodigué ces conseils à la présumée victime, cela serait répréhensible en éthique de psychologue, mais ils sont présentés comme criminels par Malboeuf.
Ce paragraphe est une horreur éthique par la façon dont il est formulé.


4.10

Malboeuf écrit:
«Il me faisait écouter ses suggestions, et quand j’ouvrais les yeux, je commençais à le trouver sexy, relate-t-elle. Je me disais : voyons donc, il n’est même pas beau… »
Malboeuf et la témoin insinuent que Lesage a suggéré à la présumée victime (en hypnothérapie) certaines choses répréhensibles.

4.11
Malboeuf écrit:
« Sophie s’éloigne. Mais Lesage n’abandonne pas si facilement. »
Supposition de harcèlement, non fondée.

4.12
Malboeuf écrit:
« Le couple (Lesage et sa compagne) veut que Sophie rencontre un chaman »
Et si la présumée victime l’aurait souhaitée elle-même?
Le rapport de police dirait-il cela par hasard?

« Sophie » affirme elle-même être une grande consommatrice de drogues.
En outre, nous ne sommes plus dans un contexte de thérapie mais dans un contexte de relation amicale entre Lesage et la présumée victime.
Pourquoi Malboeuf fait-elle le choix éditorial de n’en faire aucune mention?

4.13
Malboeuf écrit:
« Au chalet, Sophie avale huit cuillerées d’iboga et ses jambes paralysent. »
La présumée victime a choisi de consommer une drogue.
A-t-elle été soignée? Y a-t-il rapport médical?
Le choix éditorial de Malboeuf, très sélectif par omissions, est dévastateur pour Lesage.

4.14
Malboeuf écrit:
« Sur le coup, il semblait prêt à tout pour la faire délirer. »
Cette affirmation de Malboeuf est complètement gratuite et porte hautement à interprétation.
Malboeuf sait très bien comment le lecteur va interpréter.

4.15
Malboeuf écrit:
« François Lesage tente de produire des disques et de tourner des vidéoclips « 
Il ne « tente » pas, il le fait.

4.16

Malboeuf écrit:
 » Il loue par ailleurs des chambres à des jeunes (des étudiants), à l’étage de son duplex. Là aussi, ses obsessions ont fait des ravages. Une jeune Marocaine a déménagé subitement. »
Ce seul passage justifierait une poursuite pour grave diffamation.

Malboeuf infère qu’il y aurait eu agressions de la part de Lesage sur la simple base du départ d’une des chambreuses et d’une boutade que Lesage aurait fait à la chambreuse, selon Malboeuf.

4.17

Malboeuf écrit:
« Une autre ex-chambreuse raconte… »
Dans ce paragraphe aussi, Malboeuf nous demande de croire que la chambreuse dit la vérité et nous devons croire qu’elle rapporte bien ses propos. Malboeuf aurait intérêt à revoir ses notes d’ancienne étudiante (diplômée?) en Droit.

4.18
Malboeuf écrit:
« Je me demande si quelqu’un parviendra à l’arrêter un jour. »
Visiblement, la police « qui a prit très au sérieux la plainte de Sophie » selon les dires de Malboeuf elle-même, n’a pas trouvé matière à une arrestation, puisqu’elle a fermé le dossier.

4.19
Malboeuf écrit:
« Avant d’être radié de l’Ordre des psychologues, François Lesage a fait au moins cinq victimes entre 2003 et 2008. Comme Sophie, toutes étaient jeunes, dans la vingtaine ou la trentaine. Comme Sophie, plusieurs avaient des problèmes sérieux – deux femmes souffraient même de choc post-traumatique. »

Encore ici Malboeuf ne s’embarrasse pas d’utiliser le conditionnel qui aurait été préférable (« aurait fait au moins cinq victimes »). Au comité de discipline de l’Ordre, c’est la parole des présumées victimes contre celle du mis en cause, et non un jugement au criminel.
En outre, rien d’étonnant à ce que les présumées victimes auraient eu des « problèmes sérieux » avant les événements, puisqu’elles ont décidé de consulter un thérapeute pour ces raisons!
Ainsi, Malboeuf dirige le lecteur vers SA conclusion à savoir que ces « problèmes » auraient été causés par Lesage.
Enfin, le « choc post-traumatique » a-t-il été diagnostiqué? Par qui?

4.20Malboeuf écrit:
« Et comme Sophie, elles (les autres présumées victimes) ont généralement été «incitées à agir comme il le souhaitait sur le plan sexuel», peut-on lire dans une des trois décisions du conseil de discipline. »
Malboeuf insinue que Lesage a forcé les présumées victimes à se soumettre contre leur gré à des actes sexuels.
Qu’entend-on par « incité les victimes à agir comme il le souhaitait »?


4.21

Malboeuf écrit:
« Lesage a profité d’exercices de relaxation ou de respiration pour toucher deux clientes contre leur gré et se faire téter les seins. Il en a hypnotisé une autre à quatre reprises sans l’en aviser. Et il a eu plusieurs relations sexuelles avec deux autres clientes (parfois en compagnie de sa conjointe, celle-là même qu’il a droguée à son chalet en même temps que Sophie). L’une des clientes le tenait en laisse. »
Doit-on croire Malboeuf et les présumées victimes sur parole?
Avoir une relation sexuelle avec une cliente est répréhensible, mais pas criminel comme l’insinue Malboeuf.


4.22

Dans un autre texte(*) publié le même jour et cité dans l’article en cause, Malboeuf choisit de mettre en valeur l’avis des « experts » pour appuyer ses accusations contre Lesage.
Elle choisit aussi d’ignorer le fait que Lesage est lui aussi un expert.
Manipulation de l’information pour appuyer une conclusion gratuite.
« Pour se disculper, François Lesage jure qu’il est absolument impossible de violer une personne en état d’hypnose. Plusieurs experts sont pourtant d’avis contraire.On ne peut évidemment pousser n’importe qui à faire n’importe quoi, disent-ils. »

(*) « Un hypnologue malveillant peut aller loin… »
Marie-Claude Malboeuf, La Presse, 5 mars 2013.

 

Au Québec et dans le monde: une révolution moins « tranquille », enfin

Ceci est une version raccourcie de l’EXCELLENTE ANALYSE de Richard Hir:
 

Tous nos centres de pouvoir en voie d’effondrement 

vendredi 7 juin 2013

Les contraintes du quotidien et les manoeuvres des médias à la solde nous empêchent de voir les événements dans leur perspective. Ainsi, la personne qui suit l’actualité et s’indigne à juste titre des révélations scandaleuses de la Commission Charbonneau perd facilement de vue la séquence de maturation de l’opinion qui nous y a conduit, et où elle mène.

 
 
 (Rappelons d’abord que) la Commission Charbonneau tire son origine de la Commission Bastarache, chargée de faire la lumière sur le processus de nomination des juges par le Gouvernement Charest.
 
À cette occasion, on a découvert un Jean Charest retors et finasseur en qui ils ne pouvaient pas faire confiance, et l’existence d’un système parallèle occulte dont les amis du régime étaient les grands profiteurs, au détriment de l’intérêt collectif et du bien commun.
 
Charest n’allait pas se remettre des accusations portées par son ancien ministre de la justice, Marc Bellemare, jugé par la population infiniment plus crédible que lui, à l’effet que son gouvernement, atteint de magouillite aiguë, était le plus corrompu que le Québec ait connu depuis des décennies (…)
 
Lorsque Jean Charest tente de réduire la pression en annonçant la tenue d’une enquête sur l’industrie de la construction, il obtient le contraire du résultat recherché. Et sa tentative de limiter les pouvoirs et la portée de l’enquête se retourne contre lui, et il doit céder sur toute la ligne.
 
C’est dans ce contexte que survient le Printemps érable lorsque l’annonce de la hausse des droits de scolarité cumulée à une mauvaise gestion de la situation jettent pêle-mêle étudiants et population générale dans la rue pendant plusieurs semaines, à une échelle sans précédent au Québec. On ne parle plus de manifestations, mais d’un véritable soulèvement populaire qui ne prendra fin qu’à l’annonce des élections générales. C’est la Phase 2 du processus qui aboutit à la défaite du Gouvernement Charest le 4 septembre 2012 (…)
 
La tension sociale est si grande que la victoire du PQ est assombrie par un attentat terroriste contre la première ministre élue qui fait un mort, à l’incrédulité générale. Un militant extrémiste anglophone est rapidement maîtrisé dans une opération qui recèle encore de troublantes zones d’ombre.
 
Les médias à la solde se sont efforcés par tous les moyens de minimiser la portée de cet attentat, allant même jusqu’à ne pas évoquer l’hypothèse d’un attentat terroriste, par crainte d’un embrasement social qui menacerait l’emprise des « élites de pouvoir » sur la population.
 
Dans les jours qui suivent l’élection du PQ le 4 septembre 2012, la Phase 3 du processus s’enclenche avec le début des audiences publiques de la Commission Charbonneau (…)
 
Puis on passe à la réalité avec une suite étourdissante de témoins qui viendront confirmer les dires des deux premiers, dans une série d’épisodes colorés frisant presque la caricature (l’ineffable Nicolo Milioto – Monsieur Trottoirs – en train de se bourrer les chaussettes de liasses de billets de banque (…)
 
Les choses se sont corsées avec les témoignages de hauts fonctionnaires de la ville de Montréal qui ont expliqué comment tout le processus d’attribution des contrats était faussé au bénéfice des firmes d’ingénieurs et des entreprises de construction organisées en cartel. On découvre alors que les dirigeants des plus grosses firmes de génie-conseil du Québec sont mouillés jusqu’au trognon dans des combines de rétro- commissions et de financement des partis politiques dont le principal bénéficiaire semble toujours être le PLQ.
 
Puis, en cours de route, surprise ! On apprend que Guy Chevrette, ancien ministre du PQ, serait lui aussi impliqué dans un tel stratagème. (…)
Et plus les travaux de la Commission avancent, plus on découvre que nos élites du monde des affaires se soucient comme d’une guigne des principes de l’éthique. 
 
Ce diagnostic ne se limite pas au secteur de la construction (…)
Avec les accusations de gangstérisme portées par l’Unité permanente anticorruption contre Gilles Vaillancourt, alors maire de Laval, et tous ses acolytes dont le célèbre entrepreneur Tony Accurso, on commence à comprendre que la suite va être à l’avenant, et que nous n’avons encore entraperçu qu’une petite partie de la pointe émergée de l’iceberg.
Ce matin encore, La Presse nous dévoile les dessous de l’affaire des milieux humides à Laval où l’on découvre les liens entre un entrepreneur italo-québécois de premier plan et la mafia (…)
 
Ces accointances mafieuses de l’un des plus importants chefs de file de la communauté des affaires italo-québécoise sont extrêmement préoccupantes en raison de son accès bien connu aux dirigeants libéraux, tant provinciaux que fédéraux (…)
 
Et puis, l’affaire des milieux humides est-elle un cas isolé, ou bien le PLQ se dépêchait-il d’obtempérer à chaque fois que des « personnes d’influence » lui demandaient une faveur dont on se doute bien qu’elle était assortie d’une contrepartie ? De l’argent ? Des avantages en nature ? (…) Des dizaines de millions comme dans le cas du CUSM ? Et qui en a bénéficié ? (…)
 
On découvre donc dans cette séquence comment tous les centres de pouvoir de notre société se retrouvent ébranlés et discréditésà une échelle sans précédent : le pouvoir politique, les pouvoirs de l’argent, le pouvoir syndical. Même les pouvoirs occultes (la mafia) sont menacés par le grand déballage en cours. Leur emprise n’existe qu’à l’abri des regards indiscrets. À partir du moment où les feux se tournent sur eux, cette emprise s’évanouit instantanément (…)
 
Or qu’arrive-t-il à une société qui voit ainsi tous ses centres de pouvoir sombrer dans le discrédit ? L’indignation fait rapidement place à la révolte, puis à la révolution, au fur et à mesure que la situation s’enlise et s’aggrave.
À la faveur de cette révolution survient un renversement de l’ordre établi, étape que nous avons cru pouvoir éviter dans les années 1960 et 1970 (« Révolution tranquille »).
 
Pour déterminer le sort qui nous guette, il faut regarder ce qui se passe autour de nous et à quelles forces nous sommes soumis.
 
La première chose qu’on observe, c’est que le Québec n’est pas la seule société en crise dans le monde occidental. La plupart le sont, à des stades d’avancement divers qui pointent tous dans la même direction. Jamais de mon vivant n’ai-je vécu une telle période de confrontations aussi généralisée sur nos grandes orientations et nos valeurs de société.
 
Il existe également une perception de plus en plus répandue que notre monde est arrivé à un point charnière et que nous sommes sur le bord d’un réalignement majeur, notamment sur le plan économique (…)
 
Or il est déjà très apparent que nous nous orientons dans le sens d’une dislocation, si l’on en juge par le nombre et la fréquence de plus en rapprochée de ses signes annonciateurs (…)
 
Pour y survivre, quatre exigences : concentration géographique, richesse du territoire, solidarité économique, et cohésion sociale et culturelle. Et on découvre que le Québec a d’excellentes chances de survie, car c’est exactement ce qu’il fait depuis 1608 sur le même territoire, avec les mêmes atouts.
 
En effet, au fil des siècles, nous nous sommes moulés dans notre territoire au point de ne faire qu’un avec lui. Par ailleurs, notre cohésion sociale et culturelle, qui constitue justement un des traits les plus forts de notre identité en raison de notre fidélité à la langue française, nous assure d’un avantage important dans un contexte d’adversité (…) 
 
Le Québec est engagé dans une dynamique d’ouverture à la fois pleine de promesses et de menaces (…) Mais le multiculturalisme débridé réserve à ses partisans de très mauvaises surprises, comme on le découvre chaque jour un peu plus en Europe.
 
Il ne s’agit pas de se replier sur un soi ethnique frileux, mais de reconnaître qu’il est toujours plus facile de composer avec des personnes de mêmes affinités. Et plus les circonstances sont difficiles, plus l’exigence des affinités partagées est grande.
 
Pour ceux qui aspirent à l’indépendance du Québec, la période qui s’ouvre va présenter des occasions exceptionnelles. Jamais les forces qui s’y opposent n’auront été aussi faibles, ébranlées qu’elles seront dans leurs propres fondements, et absorbées à assurer leur survie sur tous les plans où elles se déploient.
 
L’occasion est belle de faire surgir de la crise actuelle le projet d’État québécois doté de ses pleins pouvoirs lancé en 1960, et abandonné dans le découragement de la défaite référendaire de 1980. Le pays, nous l’avons (Québec). C’est d’État qu’il nous manque.
 
L’expérience des dernières années nous montre que ce projet n’a fait que gagner en pertinence. Il ne reste plus qu’aux hommes et aux femmes de bonne volonté de s’arracher à la morosité ambiante et à l’emprise du quotidien pour le mener à bon port. Pas question de laisser nos adversaires nous imposer leur lecture de la situation et nous dicter ce qui est bon pour nous.
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