Marie-Claude Malboeuf: plainte en diffamation, la journaliste devenue « prédatrice »?

La journaliste Marie-Claude Malboeuf`: plainte formelle au Conseil de presse du Québec pour grave diffamation. 

Titre de l’article: « Le psy devenu prédateur »
Date publication: 5 mars 2013

Adresse source de la photo:

RÉSUMÉ DE LA PLAINTE
 
Dans cet article tendancieux, sensationnaliste et diffamatoire, Marie-Claude Malboeuf de La Presse se pose en juge et jury contre un ex-psychologue, qui a été ni accusé, ni condamné ou judiciarisé d’autre façon, sur la base de témoignages, l’un en particulier (« Sophie ») sur lequel est fondé l’essentiel de l’article, qui devrait être présenté avec une extrême prudence et dont la crédibilité devrait au moins être examinée.

1. TITRE

1.1
Le titre est sensationnaliste, un choix éditorial diffamatoire de Malboeuf qui semble être à la recherche de visibilité. Sur ce point, Malboeuf a dû trouver satisfaction à ce que cet article dévastateur soit publié à la Une de La Presse.
 
1.2
Le mot « prédateur » est diffamatoire, il est utilisé gratuitement par Malboeuf, en justice, il réfère à un crime grave.
Or, Lesage a été longuement interrogé par la police à la suite de la plainte pour viol déposée contre lui par « Sophie », et la plainte a été fermée par la police faute de preuve. Par contre, Lesage aurait une très bonne cause en diffamation contre Malboeuf.
 
1.3
Peut-on voir cet interrogatoire et Malboeuf l’a-t-elle consulté?
Que pourrait-il nous révéler que Malboeuf ne souhaiterait pas voir publié, par exemple à propos de la prétendue victime?
 
2. PHOTO

La photo utilisée par Malboeuf est extraite de la page Facebook de Lesage sans son autorisation (violation de propriété intellectuelle).
Elle est un choix éditorial tendancieux en faisant mal paraître Lesage.
Ce n’est pas une photo destinée à des fins professionnelles.
Il existe des photos plus avantageuses de Lesage.

3. ENTREVUE À CAMÉRA CACHÉE

3.1
La photo (sur la version web de l’article) comporte un lien menant vers l’entrevue faite à caméra cachée par Malboeuf avec Lesage dans un café montréalais.
La vidéo débute par un avertissement d’un sensationalisme ridicule:
« Les propos contenus dans ce reportage pourraient sembler choquants. Nous
préférons vous en avertir. »
Or la vidéo ne contient rien de « choquant »; cette affirmation est sensationaliste, exagérée, de mauvaise foi.
 
3.2
La vidéo du reportage est présentée selon le format « J.E. » montrant Malboeuf comme une détective, en gros plan au téléphone, prenant des notes d’un air inquiet.
Ce format est en soi une forme de manipulation de l’opinion.
En outre, ce format semble d’abord viser à mettre en valeur Malboeuf et non l’information.
 
3.3
On ne sait rien de la présumée victime évoquée dans cette vidéo.
Quelle est la crédibilité de son témoignage?
Pourquoi Malboeuf ne dit-elle rien de la relation personnelle (extrathérapeutique) qu’aurait eu « Sophie » avec Lesage?
Quelle est la motivation de « Sophie » à témoigner?
En fait, quelle est la crédibilité de Malboeuf?
De nombreux cas de plaintes pour harcèlement sexuel sont en fait des tentatives de manipulation ou de vengeance personnelle.
Malboeuf a choisit d’ignorer ce fait car il aurait nuit à ses propos sensationnalistes.
 
Malboeuf écrit:
« Sa victime est trop fragile pour parler à la caméra, car elle a fait une psychose, elle a été hospitalisé en psychiatrie. »Malboeuf induit ainsi sans preuve et amène le lecteur à conclure comme elle l’a fait que cette psychose aurait été provoquée par Lesage.
Qui a diagnostiqué la « psychose »? La « psychose était-elle préalable aux événements?


3.4

Dans le reportage, Malboeuf interroge Lesage de façon tendancieuse, plus comme une policière que comme une journaliste.
Chez certains journalistes, la marge entre « travail d’information » et « enquête policière » est devenue bien mince de nos jours.
« Ça ici là, n’est-ce pas une tentative de séduction? » (question dirigée)
Lesage admet dans la vidéo qu’il aurait tenté de séduire la femme; Malboeuf associe « séduction » à un geste criminel: la prédation. Sensationnalisme.
Sur un ton paternaliste et menaçant, Malboeuf demande à Lesage:
« À quoi je devrais m’attendre si je continue de chercher, deux, quatre, cinq, dix autres cas? » 

3.5
Malboeuf dit de Lesage au début du reportage:
« Jeux sexuels, attouchements, c’est ce qu’il leur a fait subir » (aux présumées victimes).
Ce sont des accusation alléguées, partagées uniquement par Malboeuf et l’unique témoin.
Si la présomption d’innocence existe en Droit, à plus forte raison dans ce type de reportage de pauvre qualité.
À tout le moins, en éthique journalistique, Malboeuf aurait dû utiliser le conditionnel: « c’est ce qu’il leur aurait fait subir selon notre témoin ».

3.6
L’incident de la poire à lavement est présenté par Malboeuf comme si c’était une preuve.
Elle insinue clairement que Lesage l’aurait utilisée sur la victime présumée, sous hypnose, pour camoufler une relation sexuelle.
Malboeuf tente de diriger l’opinion du lecteur vers sa propre conclusion sordide de l’incident, à partir d’un seul témoignage, celui de la présumée victime.
Le parti-pris de Malboeuf est évident, sinon son intention de détruire une réputation par manipulation de l’information.
Il s’agit d’une petite poire à lavement (souvent de couleur bleue comme trouvée en pharmacie) dont Lesage se sert pour se laver les oreilles.
La présumée victime affirme qu’après une consultation elle a réalisé qu’elle avait « de l’eau et du sang » qui coulait entre ses jambes.
Doit-on la croire?
Cette poire est conçue pour nettoyer les oreilles, c’est l’usage que Lesage dit en faire sur lui-même, mais une femme peut facilement se l’introduire elle-même dans le vagin, dans l’intimité de la salle de bain de Lesage.

3.7
Dans la vidéo, Malboeuf recueille les commentaires de la présidente de l’Ordre des psychologues, Rose-Marie Charest.
Or, Charest ne fait aucune mention des gestes présumés de Lesage.
Elle ne mentionne même pas son nom.
À tel point qu’on peut se demander si Charest regarde bien la vidéo que Malboeuf dit être en train de lui montrer.
La vidéo de Malboeuf présente donc faussement le témoignage de Rose-Marie Charest la présidente comme s’il appuyait de facto les allégations de Malboeuf et de sa témoin principale.

3.8
La vidéo dure deux minutes.
L’entrevue a duré environ une heure.
Que pourrait nous montrer le reste de l’entrevue?
Quel autre choix éditorial douteux Malboeuf aurait-elle fait dans le montage de la vidéo?

4, TEXTE DE L’ARTICLE 

4.1
Malboeuf écrit:
« Radié pour avoir soumis au moins cinq clientes à ses obsessions sexuelles ».Que signifie le mot « soumis » pour Malboeuf?
Lesage a-t-il invité ses présumées victimes, ou y a-t-il eu actes sexuels tel que l’insinue Malboeuf et si oui lesquels?

En outre, nous avons consulté les quatre dossiers de plainte contre Lesage à l’OPQ.
Les quatre dossiers concerne des affaires similaires plutôt mineures.
On n’y voit rien de criminel ni même qui justifierait le terme de « prédateur »: Lesage admet avoir séduit une (ou deux) de ses patientes et avoir eu des relations sexuelles avec l’une d’elles sur consentement réciproque.


4.2
 
Malboeuf écrit:
« Une toute jeune femme »Allusion de pédophilie ou de pédérastie.
« Qu’il a bombardée de messages pornographiques »
Que signifie « bombardée »?
Que signifie « pornographiques »?

« Hypnotisée »
Lesage a nié avoir hypnotisé la présumée victime.

« Droguée dans un chalet »Malboeuf laisse croire que Lesage aurait lui-même drogué la présumée victime. Sait-on si la présumée victime, qui se décrit elle-même comme forte consommatrice de drogues, aurait consommé une drogue de son propre chef?
Il semble que le rapport de police affirme que l’épisode du chalet ne donne aucun fondement à la plainte qui a d’ailleurs été fermée sans suite.
 
« et poussée à la psychose »
Malboeuf affirme que Lesage a poussé la présumée victime à la psychose, mais
que sait-on de l’état mental préalable de « Sophie »?

4.3
Malboeuf écrit:
« Pourquoi cette eau qui coule ? Que s’est-il passé pendant la séance ? Plus tard, Sophie repensera à la poire à lavement qui traînait dans la salle de bains de la salle d’attente. » 
Malboeuf infère une conclusion sordide en stimulant l’imagination du lecteur, sur la simple base que la présumée victime s’est souvenue qu’il y avait une poire de lavement dans la salle de bain!

4.4

Malboeuf écrit:
« Depuis les événements, (la présumée victime) souffre de choc post-traumatique sévère avec dissociations. Son traitement est financé par l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC). Depuis trois semaines, elle est hospitalisée en psychiatrie. Psychose. « 
Que sait-on de l’état mental préalable de la présumée victime?
Malboeuf insinue que Lesage a provoqué la psychose de la femme.
Qui a diagnostiqué le « choc post-traumatique »?


4.5

Malboeuf écrit:
« une chose est certaine: le Montréalais de 59 ans est un prédateur. »
« Chose certaine » selon qui? La présumée victime? Malboeuf? Un juge?
Malboeuf a-t-elle le droit d’utiliser ce terme grave et judiciarisé?


4.6

Dans le paragraphe « Jusqu’en 2004… » qui ferait un bon scénario de film de David Fincher, la moindre éthique journalistique recommanderait l’usage du conditionnel, mais Malboeuf ne s’en embarasse aucunement dans cet article d’autant dévastateur qu’il est présenté comme la conclusion positive d’une enquête policière qui n’est en fait que l’enquête de Malboeuf.

4.7
Malboeuf écrit:
« les transcriptions d’audition que nous avons obtenues parlent d’un « abuseur » »
Un abuseur, insinuant un « violeur »? De quel type d’abus parle-t-on?

4.8
Malboeuf écrit:
« Jusqu’à ce que La Presse le débusque »
Insinuation voulant que Lesage se cachait, ce qui est faux.

 » dans le cadre d’une enquête sur les gourous »
Insinuation que Lesage serait un « gourou ».
« derrière une porte pleine de traces de doigt »
Association tordue des traces de doigts à la « saleté » de Lesage. 
Malboeuf n’est même pas allée chez Lesage, que sait-elle de la propreté des lieux?

4.9

Malboeuf écrit:
« Chaque fois, (Lesage) ramène ses propres fantasmes sur le tapis : sodomie, trios sexuels… Il conseille d’emblée à Sophie de publier une petite annonce pour trouver un homme qu’elle pourra pénétrer à sa guise. Il lui exhibe un gros pénis de plastique noir, fixé à une ceinture de cuir, et lui propose de lui donner des «conseils techniques». Il lui envoie au moins six films pornographiques par MSN.
Tous mettent en vedette son jouet fétiche, d’une longueur insensée. »

Si Lesage a vraiment prodigué ces conseils à la présumée victime, cela serait répréhensible en éthique de psychologue, mais ils sont présentés comme criminels par Malboeuf.
Ce paragraphe est une horreur éthique par la façon dont il est formulé.


4.10

Malboeuf écrit:
«Il me faisait écouter ses suggestions, et quand j’ouvrais les yeux, je commençais à le trouver sexy, relate-t-elle. Je me disais : voyons donc, il n’est même pas beau… »
Malboeuf et la témoin insinuent que Lesage a suggéré à la présumée victime (en hypnothérapie) certaines choses répréhensibles.

4.11
Malboeuf écrit:
« Sophie s’éloigne. Mais Lesage n’abandonne pas si facilement. »
Supposition de harcèlement, non fondée.

4.12
Malboeuf écrit:
« Le couple (Lesage et sa compagne) veut que Sophie rencontre un chaman »
Et si la présumée victime l’aurait souhaitée elle-même?
Le rapport de police dirait-il cela par hasard?

« Sophie » affirme elle-même être une grande consommatrice de drogues.
En outre, nous ne sommes plus dans un contexte de thérapie mais dans un contexte de relation amicale entre Lesage et la présumée victime.
Pourquoi Malboeuf fait-elle le choix éditorial de n’en faire aucune mention?

4.13
Malboeuf écrit:
« Au chalet, Sophie avale huit cuillerées d’iboga et ses jambes paralysent. »
La présumée victime a choisi de consommer une drogue.
A-t-elle été soignée? Y a-t-il rapport médical?
Le choix éditorial de Malboeuf, très sélectif par omissions, est dévastateur pour Lesage.

4.14
Malboeuf écrit:
« Sur le coup, il semblait prêt à tout pour la faire délirer. »
Cette affirmation de Malboeuf est complètement gratuite et porte hautement à interprétation.
Malboeuf sait très bien comment le lecteur va interpréter.

4.15
Malboeuf écrit:
« François Lesage tente de produire des disques et de tourner des vidéoclips « 
Il ne « tente » pas, il le fait.

4.16

Malboeuf écrit:
 » Il loue par ailleurs des chambres à des jeunes (des étudiants), à l’étage de son duplex. Là aussi, ses obsessions ont fait des ravages. Une jeune Marocaine a déménagé subitement. »
Ce seul passage justifierait une poursuite pour grave diffamation.

Malboeuf infère qu’il y aurait eu agressions de la part de Lesage sur la simple base du départ d’une des chambreuses et d’une boutade que Lesage aurait fait à la chambreuse, selon Malboeuf.

4.17

Malboeuf écrit:
« Une autre ex-chambreuse raconte… »
Dans ce paragraphe aussi, Malboeuf nous demande de croire que la chambreuse dit la vérité et nous devons croire qu’elle rapporte bien ses propos. Malboeuf aurait intérêt à revoir ses notes d’ancienne étudiante (diplômée?) en Droit.

4.18
Malboeuf écrit:
« Je me demande si quelqu’un parviendra à l’arrêter un jour. »
Visiblement, la police « qui a prit très au sérieux la plainte de Sophie » selon les dires de Malboeuf elle-même, n’a pas trouvé matière à une arrestation, puisqu’elle a fermé le dossier.

4.19
Malboeuf écrit:
« Avant d’être radié de l’Ordre des psychologues, François Lesage a fait au moins cinq victimes entre 2003 et 2008. Comme Sophie, toutes étaient jeunes, dans la vingtaine ou la trentaine. Comme Sophie, plusieurs avaient des problèmes sérieux – deux femmes souffraient même de choc post-traumatique. »

Encore ici Malboeuf ne s’embarrasse pas d’utiliser le conditionnel qui aurait été préférable (« aurait fait au moins cinq victimes »). Au comité de discipline de l’Ordre, c’est la parole des présumées victimes contre celle du mis en cause, et non un jugement au criminel.
En outre, rien d’étonnant à ce que les présumées victimes auraient eu des « problèmes sérieux » avant les événements, puisqu’elles ont décidé de consulter un thérapeute pour ces raisons!
Ainsi, Malboeuf dirige le lecteur vers SA conclusion à savoir que ces « problèmes » auraient été causés par Lesage.
Enfin, le « choc post-traumatique » a-t-il été diagnostiqué? Par qui?

4.20Malboeuf écrit:
« Et comme Sophie, elles (les autres présumées victimes) ont généralement été «incitées à agir comme il le souhaitait sur le plan sexuel», peut-on lire dans une des trois décisions du conseil de discipline. »
Malboeuf insinue que Lesage a forcé les présumées victimes à se soumettre contre leur gré à des actes sexuels.
Qu’entend-on par « incité les victimes à agir comme il le souhaitait »?


4.21

Malboeuf écrit:
« Lesage a profité d’exercices de relaxation ou de respiration pour toucher deux clientes contre leur gré et se faire téter les seins. Il en a hypnotisé une autre à quatre reprises sans l’en aviser. Et il a eu plusieurs relations sexuelles avec deux autres clientes (parfois en compagnie de sa conjointe, celle-là même qu’il a droguée à son chalet en même temps que Sophie). L’une des clientes le tenait en laisse. »
Doit-on croire Malboeuf et les présumées victimes sur parole?
Avoir une relation sexuelle avec une cliente est répréhensible, mais pas criminel comme l’insinue Malboeuf.


4.22

Dans un autre texte(*) publié le même jour et cité dans l’article en cause, Malboeuf choisit de mettre en valeur l’avis des « experts » pour appuyer ses accusations contre Lesage.
Elle choisit aussi d’ignorer le fait que Lesage est lui aussi un expert.
Manipulation de l’information pour appuyer une conclusion gratuite.
« Pour se disculper, François Lesage jure qu’il est absolument impossible de violer une personne en état d’hypnose. Plusieurs experts sont pourtant d’avis contraire.On ne peut évidemment pousser n’importe qui à faire n’importe quoi, disent-ils. »

(*) « Un hypnologue malveillant peut aller loin… »
Marie-Claude Malboeuf, La Presse, 5 mars 2013.

 

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