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Liste des bons coups et des reculs du Parti québécois, 2012-2013

D’abord les bons coups du PQ entre son élection de septembre 2012, et juin 2013:

 

– Fermeture de Gentilly-2
– Abandon de l’amiante
– Nombreuses lois contre la corruption
– Élections à date fixe
– Comme promis, abolition de la loi 78 et de la hausse des frais de scolarité du PLQ. Maintien de la bonification des prêts et bourses. Indexation, tel que répété tout au long de la campagne électorale et avant. Seuil de contribution parentale passé de $28,000 à $45,000
– Investissement de près de 1M$ dans le cadre du programme AccèsLogis Québec pour logements à moindre coût pour les personnes dans le besoin, dans la région de Sherbrooke. De plus, comme promis, 3,000 logements abordables s’ajouteront au cours des années (prévu dans le budget)
– Procureurs mandatés de trouver des preuves pour poursuivre les entreprises et récupérer l’argent volé à l’État (Ceic)
– Création de la Banque de développement économique du Québec (régions) Dépôt fait.
– Programme d’appui au développement des attraits touristiques (baisse de 0,8 % du nombre des touristes en 2012)
– Tel que promis, les garderies sont toujours à $7.00 et augmentation des places
– Maternelle à 4 ans dans des zones de pauvreté afin de lutter contre le décrochage scolaire
– Bataille pour Registre des armes à feu
– Hausse du salaire minimum
– Moratoire total sur gaz de schiste dans la Vallée du St-Laurent en attendant le rapport du BAPE
– La deuxième phase du Registre du cancer est en cours
– Nouveau plan pour lutter plus efficacement contre le cancer
– Ajout de 146 lits de soins de courte durée à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur, Lanaudière
– Ajout d’une somme de 8M$ afin de diminuer de 22,5% l’iniquité interrégionale dans le financement de la santé et des services sociaux
– Région des Laurentides bénéficiera annuellement d’un budget supplémentaire de 1 244 500 $ pour améliorer les services aux jeunes adultes de 21 ans et plus ayant un trouble envahissant du développement, comme l’autisme, une déficience intellectuelle ou une déficience physique.
Et 2 693 839 $ visant des objectifs plus généraux liés notamment à l’amélioration des services d’évaluation et d’intervention précoce, des services spécialisés offerts par les centres de réadaptation et du soutien à la famille.
Aussi, mise en place d’un groupe de travail devant se pencher particulièrement sur l’organisation des activités socioprofessionnelles offertes aux personnes de 21 ans ou plus ayant un TED ou une déficience.
– GMF: obligation d’ouvrir leurs portes les soirs et les fins de semaine
– Comme promis, instauration d’un crédit d’impôt remboursable pour les activités des jeunes
– Augmentation jusqu’en 2019 de taxe compensatoire des institutions financières. Pour ceux qui ne comprennent pas: http://www.revenuquebec.ca/fr/entreprise/impot/societes/declaration/compensatoire.aspx
– Hausse du taux d’imposition des revenus excédant 100 000 $
– Fin des programmes de petites centrales hydroélectriques à cause du surplus d’électricité (sauf Val-Jalbert, eh oui!)
– Forum sur redevances minières. Réforme de la loi sur les mines en cours
– Dépôt d’un projet de loi pour créer un comité indépendant qui aura pour mandat d’enquêter sur les incidents impliquant des policiers au Québec
– Projet d’électrification des transports
– Dépôt de nouvelle Loi 101 pour promotion de notre langue
– Révision des cours d’histoire au primaire et au secondaire
– Vote dans les établissement scolaires et les centres de formation professionnelle
– Gestion responsable des finances – Équilibre budgétaire. (Remboursement de la dette coûte près de 10 milliards en intérêts)
– Projet de Loi 22 – Bonification du régime d’indemnisation des victimes d’actes criminels
– Contribution de plus de 770 000$ pour le renouvellement de plusieurs conduites d’eau à Baie-Saint-Paul
– Annonce de la construction d’un nouvel hôpital à Baie-St-Paul
– 8 M$ dédiés à la récupération des matières recyclables dans les aires publiques municipales. Programme financé à parts égales par le MDDEFP et par des contributions volontaires de Éco Entreprises Québec
– Projet de loi qui élargira le mandat du vérificateur général. Il pourra mettre son nez dans toutes les sociétés d’État, y compris Hydro-Québec
– Plan ambitieux de promotion de la souveraineté
http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2013/02/20130208-233200.html
– Gouvernance souverainiste
– Motion proposée et adoptée à l’unanimité pour l’accès aux Archives fédérales concernant la Constitution
– Investissement de 61 millions pour construction de 226 unités de logements à prix modique au Nunavik
– Construction de cinq nouvelles écoles en Montérégie (re: boom démographique)
– Construction de deux nouvelles écoles sur le territoire de Sherbrooke
– Banque de lait maternel pour prématurés
– Souveraineté alimentaire “Nos terres agricoles sont notre richesse et notre garde-manger”
– Nouvelle Unité des soins palliatifs Portneuf (inaugurée 26 avril)
– Échographies en clinique privée seront désormais couvertes par le système de santé public
– Octroi d’une aide financière à la Fondation de la visite (violence conjugale immigrantes et minorités ethnoculturelles)
– Nouvelles exigences alimentaires du gouvernement dans les hôpitaux et les centres d’hébergement.
– Comme promis, investissement récurrent de 15 millions pour les soins palliatifs dont 11 millions pour soins à domicile, le reste aux CHSLD et centres d’hébergement
– Annulation de la hausse de 1 cent/kwh du tarif du bloc patrimonial d’électricité du PLQ et remplacement par indexation au coût de la vie
– Investissement total de 121,7 millions au Centre femme-jeunesse-famille au CHUS
– Meilleur accès à la justice: montant aux petites créances passe de $7,000 à $15,000
– Plan d’action quinquennal pour le développement de l’industrie des pêches et l’aquaculture commerciale: investissement de 12,5 millions $ par année pour les deux prochaines années
– Le gouvernement Marois a réussi à attirer le géant britannique des effets spéciaux FRAMESTORE à Montréal en début d’année. La société londonienne prévoit créer 200 emplois d’ici la fin de l’année à Montréal pour ainsi devenir la plus importante entreprise d’effets spéciaux au Québec.
– Depuis l’arrivée du PQ, il s’est créé 49 000 emplois. Plus de 4 millions de Québécois sont au travail!
– Abolition de la règle des 15 ans pour les médicaments. Conséquence : médicaments moins chers.
– Contrat de la clinique Rockland MD non renouvelé. Donc, fin de la sous-traitance coûteuse par Hôpital Sacré-Coeur.
– Fin des “frais accessoires” disproportionnés et non justifiés dans les cliniques privées (gouttes à 300 $, etc.).
– Fin des PPP dans le réseau de la santé (cinq CHSLD en PPP, construction du CHUM et du CUSM): cela ne se reproduira plus.
– 110 M $ de plus pour les services aux aînés comme promis (budget Marceau).
– Adoption d’une réglementation pour la certification des résidences pour aînés.
– Fin du préavis de 24 h pour les visites d’inspection en CHSLD.
– Nombreuses actions en matière d’affaires autochtones
http://www.premier.gouv.qc.ca/actualites/communiques/details.asp?idCommunique=1775
– Succès concret de la PM au Conseil de la fédération: a réussi à convaincre ses homologues de rejeter le nouveau programme fédéral de formation de main-d’oeuvre, la Subvention canadienne pour l’emploi
– Le Centre d’excellence du logiciel libre a été créé
– Des mesures prises pour faciliter la scolarisation au Québec des enfants migrants dont les parents sont à statut précaire

 

  

LISTE DES MOINS BONS COUPS

(Il y a quelques contradictions entre les deux listes)

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 En bonus:
Pourquoi la Première ministre Marois a-t-elle quitté sa circonscription de Taillon pour aller vers celle de Charlevoix où elle n’a aucune attache outre le fait que c’est le fief de Paul Desmarais/Power Corporation?
Financement à coups de millions du Domaine Forget (établissement réservé aux riches) dans cette circonscription tout en coupant dans des services sociaux comme l’aide sociale?

 

 

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Au Québec et dans le monde: une révolution moins « tranquille », enfin

Ceci est une version raccourcie de l’EXCELLENTE ANALYSE de Richard Hir:
 

Tous nos centres de pouvoir en voie d’effondrement 

vendredi 7 juin 2013

Les contraintes du quotidien et les manoeuvres des médias à la solde nous empêchent de voir les événements dans leur perspective. Ainsi, la personne qui suit l’actualité et s’indigne à juste titre des révélations scandaleuses de la Commission Charbonneau perd facilement de vue la séquence de maturation de l’opinion qui nous y a conduit, et où elle mène.

 
 
 (Rappelons d’abord que) la Commission Charbonneau tire son origine de la Commission Bastarache, chargée de faire la lumière sur le processus de nomination des juges par le Gouvernement Charest.
 
À cette occasion, on a découvert un Jean Charest retors et finasseur en qui ils ne pouvaient pas faire confiance, et l’existence d’un système parallèle occulte dont les amis du régime étaient les grands profiteurs, au détriment de l’intérêt collectif et du bien commun.
 
Charest n’allait pas se remettre des accusations portées par son ancien ministre de la justice, Marc Bellemare, jugé par la population infiniment plus crédible que lui, à l’effet que son gouvernement, atteint de magouillite aiguë, était le plus corrompu que le Québec ait connu depuis des décennies (…)
 
Lorsque Jean Charest tente de réduire la pression en annonçant la tenue d’une enquête sur l’industrie de la construction, il obtient le contraire du résultat recherché. Et sa tentative de limiter les pouvoirs et la portée de l’enquête se retourne contre lui, et il doit céder sur toute la ligne.
 
C’est dans ce contexte que survient le Printemps érable lorsque l’annonce de la hausse des droits de scolarité cumulée à une mauvaise gestion de la situation jettent pêle-mêle étudiants et population générale dans la rue pendant plusieurs semaines, à une échelle sans précédent au Québec. On ne parle plus de manifestations, mais d’un véritable soulèvement populaire qui ne prendra fin qu’à l’annonce des élections générales. C’est la Phase 2 du processus qui aboutit à la défaite du Gouvernement Charest le 4 septembre 2012 (…)
 
La tension sociale est si grande que la victoire du PQ est assombrie par un attentat terroriste contre la première ministre élue qui fait un mort, à l’incrédulité générale. Un militant extrémiste anglophone est rapidement maîtrisé dans une opération qui recèle encore de troublantes zones d’ombre.
 
Les médias à la solde se sont efforcés par tous les moyens de minimiser la portée de cet attentat, allant même jusqu’à ne pas évoquer l’hypothèse d’un attentat terroriste, par crainte d’un embrasement social qui menacerait l’emprise des « élites de pouvoir » sur la population.
 
Dans les jours qui suivent l’élection du PQ le 4 septembre 2012, la Phase 3 du processus s’enclenche avec le début des audiences publiques de la Commission Charbonneau (…)
 
Puis on passe à la réalité avec une suite étourdissante de témoins qui viendront confirmer les dires des deux premiers, dans une série d’épisodes colorés frisant presque la caricature (l’ineffable Nicolo Milioto – Monsieur Trottoirs – en train de se bourrer les chaussettes de liasses de billets de banque (…)
 
Les choses se sont corsées avec les témoignages de hauts fonctionnaires de la ville de Montréal qui ont expliqué comment tout le processus d’attribution des contrats était faussé au bénéfice des firmes d’ingénieurs et des entreprises de construction organisées en cartel. On découvre alors que les dirigeants des plus grosses firmes de génie-conseil du Québec sont mouillés jusqu’au trognon dans des combines de rétro- commissions et de financement des partis politiques dont le principal bénéficiaire semble toujours être le PLQ.
 
Puis, en cours de route, surprise ! On apprend que Guy Chevrette, ancien ministre du PQ, serait lui aussi impliqué dans un tel stratagème. (…)
Et plus les travaux de la Commission avancent, plus on découvre que nos élites du monde des affaires se soucient comme d’une guigne des principes de l’éthique. 
 
Ce diagnostic ne se limite pas au secteur de la construction (…)
Avec les accusations de gangstérisme portées par l’Unité permanente anticorruption contre Gilles Vaillancourt, alors maire de Laval, et tous ses acolytes dont le célèbre entrepreneur Tony Accurso, on commence à comprendre que la suite va être à l’avenant, et que nous n’avons encore entraperçu qu’une petite partie de la pointe émergée de l’iceberg.
Ce matin encore, La Presse nous dévoile les dessous de l’affaire des milieux humides à Laval où l’on découvre les liens entre un entrepreneur italo-québécois de premier plan et la mafia (…)
 
Ces accointances mafieuses de l’un des plus importants chefs de file de la communauté des affaires italo-québécoise sont extrêmement préoccupantes en raison de son accès bien connu aux dirigeants libéraux, tant provinciaux que fédéraux (…)
 
Et puis, l’affaire des milieux humides est-elle un cas isolé, ou bien le PLQ se dépêchait-il d’obtempérer à chaque fois que des « personnes d’influence » lui demandaient une faveur dont on se doute bien qu’elle était assortie d’une contrepartie ? De l’argent ? Des avantages en nature ? (…) Des dizaines de millions comme dans le cas du CUSM ? Et qui en a bénéficié ? (…)
 
On découvre donc dans cette séquence comment tous les centres de pouvoir de notre société se retrouvent ébranlés et discréditésà une échelle sans précédent : le pouvoir politique, les pouvoirs de l’argent, le pouvoir syndical. Même les pouvoirs occultes (la mafia) sont menacés par le grand déballage en cours. Leur emprise n’existe qu’à l’abri des regards indiscrets. À partir du moment où les feux se tournent sur eux, cette emprise s’évanouit instantanément (…)
 
Or qu’arrive-t-il à une société qui voit ainsi tous ses centres de pouvoir sombrer dans le discrédit ? L’indignation fait rapidement place à la révolte, puis à la révolution, au fur et à mesure que la situation s’enlise et s’aggrave.
À la faveur de cette révolution survient un renversement de l’ordre établi, étape que nous avons cru pouvoir éviter dans les années 1960 et 1970 (« Révolution tranquille »).
 
Pour déterminer le sort qui nous guette, il faut regarder ce qui se passe autour de nous et à quelles forces nous sommes soumis.
 
La première chose qu’on observe, c’est que le Québec n’est pas la seule société en crise dans le monde occidental. La plupart le sont, à des stades d’avancement divers qui pointent tous dans la même direction. Jamais de mon vivant n’ai-je vécu une telle période de confrontations aussi généralisée sur nos grandes orientations et nos valeurs de société.
 
Il existe également une perception de plus en plus répandue que notre monde est arrivé à un point charnière et que nous sommes sur le bord d’un réalignement majeur, notamment sur le plan économique (…)
 
Or il est déjà très apparent que nous nous orientons dans le sens d’une dislocation, si l’on en juge par le nombre et la fréquence de plus en rapprochée de ses signes annonciateurs (…)
 
Pour y survivre, quatre exigences : concentration géographique, richesse du territoire, solidarité économique, et cohésion sociale et culturelle. Et on découvre que le Québec a d’excellentes chances de survie, car c’est exactement ce qu’il fait depuis 1608 sur le même territoire, avec les mêmes atouts.
 
En effet, au fil des siècles, nous nous sommes moulés dans notre territoire au point de ne faire qu’un avec lui. Par ailleurs, notre cohésion sociale et culturelle, qui constitue justement un des traits les plus forts de notre identité en raison de notre fidélité à la langue française, nous assure d’un avantage important dans un contexte d’adversité (…) 
 
Le Québec est engagé dans une dynamique d’ouverture à la fois pleine de promesses et de menaces (…) Mais le multiculturalisme débridé réserve à ses partisans de très mauvaises surprises, comme on le découvre chaque jour un peu plus en Europe.
 
Il ne s’agit pas de se replier sur un soi ethnique frileux, mais de reconnaître qu’il est toujours plus facile de composer avec des personnes de mêmes affinités. Et plus les circonstances sont difficiles, plus l’exigence des affinités partagées est grande.
 
Pour ceux qui aspirent à l’indépendance du Québec, la période qui s’ouvre va présenter des occasions exceptionnelles. Jamais les forces qui s’y opposent n’auront été aussi faibles, ébranlées qu’elles seront dans leurs propres fondements, et absorbées à assurer leur survie sur tous les plans où elles se déploient.
 
L’occasion est belle de faire surgir de la crise actuelle le projet d’État québécois doté de ses pleins pouvoirs lancé en 1960, et abandonné dans le découragement de la défaite référendaire de 1980. Le pays, nous l’avons (Québec). C’est d’État qu’il nous manque.
 
L’expérience des dernières années nous montre que ce projet n’a fait que gagner en pertinence. Il ne reste plus qu’aux hommes et aux femmes de bonne volonté de s’arracher à la morosité ambiante et à l’emprise du quotidien pour le mener à bon port. Pas question de laisser nos adversaires nous imposer leur lecture de la situation et nous dicter ce qui est bon pour nous.
..

PROPAGANDE CANADIENNE CONTRE LE QUÉBEC – SONDAGES BIDON ETC

La Cinquième colonne fédéraliste à l’oeuvre

SONDAGES BIDON DE CROP/LA PRESSE, ET PLUS.PAR RICHARD LE HIR.
 
URGENCE DE PRENDRE CONSCIENCE ET DÉNONCER.

L’intensité des manoeuvres en cours pour déstabiliser le gouvernement Marois et provoquer sa chute de manière à étouffer de façon définitive toute velléité d’indépendance au Québec.

Il ne s’agit pas uniquement de manoeuvres partisanes pour permettre à un autre parti, le PLQ ou la CAQ, de prendre le pouvoir. Il s’agit de manoeuvres de sape délibérément orchestrées par un groupe de personnes convaincues de la supériorité de leur option qui sont prêtes à utiliser tous les moyens et toutes les tactiques, aussi déloyales soient-elles, pour parvenir à leurs fins.

Ça donne une bonne idée du degré de putasserie auquel en est désormais réduite La Presse (Desmarais/Power Corp), et CROP, une maison de sondages autrefois très respectable.

Québec: Zachary Richard dénonce la haine propagée par le Canada anglais

Texte de Zachary Richard, écrit ce matin.
Merci M. Richard au nom de tous les Québécois.

J’ai été choqué ce matin d’apprendre que la soirée de victoire du Parti Québécois fut bouleversée par des coups de feu. Près de la porte arrière du Métropolis, l’entrée des artistes par laquelle j’ai passé maintes fois, un homme habillé d’un peignoir bleu et d’une cagoule a ouvert le feu laissant un mort et un blessé, et a mis le feu au bâtiment.

Madame Marois, qui était ciblée, ainsi que la foule, qui donnait son discours au moment que les coups de feu ont éclaté, s’est fait conduire hors de la scène par deux agents de sécurité. Elle est revenue quelques minutes plus tard pour calmer ses supporters. Dans le contexte de ce monde fou, ce n’est pas si surprenant que la folie arrive à notre porte après tout. Mais ce qui m’inquiète et qui me dégoûte est la réaction de certains suite à cette évènement tragique.

Pendant que le tueur se faisait transporter par la police, il criait : « Les Anglais se réveillent. C’est la vengeance des Anglais. » On traite clairement avec un fou, mais il semble que la folie se propage.

Dans les instants suivant le drame, une page Facebook a été créée pour réclamer la démission de Pauline Marois. Le créateur de la page, qui a rapidement accumulé 300 adeptes, stipulait que les événements du Métropolis démontrent que la présence du PQ à la tête de la province ne peut que provoquer de la violence.

Pire encore est la réaction du Globe and Mail, journal torontois, où on peut lire que « Les Séparatistes créent un cauchemar au Québec. » Dans un éditorial du 5 septembre on écrit: « Certainement les Canadiens raisonnables seront d’accords pour dire qu’une victoire du Parti Québécois sera extrêmement néfaste pour le Québec et le Canada. La campagne a dévoilé la vision irrationnelle, extrémiste et même perverse de Pauline Marois et ses supporters séparatistes. Ils n’aiment pas le Canada. Ils n’aiment pas la richesse. Ils n’aiment pas l’innovation. Il semble que même ils n’aiment pas les gens qui ne les ressemblent pas ou qui ne parlent pas comme eux. »

C’est un point de vue haineux, basé sur des préjugés et qui ne mérite que du dédain. S’il y a un cauchemar créé, c’est par un journaliste si peu responsable qui propage des propos incendiaires.

La nouvelle de l’évènement fait le tour du monde et vient assombrir la victoire du Parti Québécois. Mais ce qui est dangereux est de proclamer que ceci est la faute du Parti Québécois, et que les séparatistes ne sont que des terroristes. Ce qui me dérange c’est que cet évènement peut engendrer la peur.

Je voyage souvent à Moncton, Nouveau-Brunswick où j’observe un phénomène dérangeant parfois.

En entrant dans un ascenseur, ou en rencontrant quelqu’un dans la rue, on a un moment d’hésitation. S’il s’agit de s’adresser à un inconnu, on parle en anglais, ou on dit « Hello » sans accent, créant délibérément une ambiguïté linguistique et donc culturelle. Ceci dans la crainte de déranger. Pendant une grande partie de leur histoire, les francophones de l’Acadie (les ancêtres de Zachary Richard NDLR) s’effaçaient et les vestiges de cette auto-dégradation qui se manifeste toujours dans un gène qui s’éveille en public devant des inconnus. Il ne faudra pas qu’une pareille chose s’installe à Montréal. Il ne faudrait pas qu’on devienne réticent de parler une langue, quelle que soit la langue. Il ne faudra pas que les communautés linguistiques deviennent des groupes ennemis. Il ne faudra pas que le choix de parler le français nous mette dans une position antagoniste par rapport aux anglophones. Et surtout il ne faudra pas que les anglophones s’imaginent que les Francophones sont leurs ennemis.

On ne peut pas permettre à un fou de déstabiliser la communauté. On ne peut pas permettre à nos passions de nous conduire vers la haine. La ligne de combat de la société québécoise ne se démarque pas entre anglais et français, mais entre la tolérance et le préjugé.

Au lieu de jeter de l’huile sur le feu, le Globe and Mail aurait mieux fait de féliciter Pauline Marois pour sa victoire, une victoire démocratique et sans contestation. On aurait mieux fait de la féliciter d’être la première femme chef d’État du Québec. On aurait mieux fait de lui souhaiter bonne chance et courage dans l’épreuve de son mandat. Le début est assez mouvementé, mais il se peut fort bien qu’une femme va pouvoir gouverner avec plus de calme. C’est ce qui je lui souhaite.

Zachary Richard sur Wikipédia
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