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Fascinant: pourquoi les gens défendent-ils l’indéfendable, contre leurs propres intérêts?

« Donne un cheval à celui qui dit la vérité : il en aura besoin pour s’enfuir. »

Comment donc se fait-il que les gens défendent des systèmes (gouvernements, institutions, entreprises, religions…) injustes, incompétents et corrompus?
Par exemple pourquoi vote-t-on encore pour le Parti Libéral au Québec?
Ou pourquoi G. W. Bush a-t-il remonté de façon spectaculaire – et immédiatement – dans l’opinion publique, le 11 septembre?072512_1429_pourquoiles1

Avec la théorie de la justification du système (1), en psychologie sociale, des études montrent que ces personnes cherchent à maintenir leurs vues selon lesquelles leurs systèmes sociaux sont légitimes même lorsqu’ils sont confrontés à des informations montrant le contraire. Ils s’engagent alors dans des processus psychologiques qui visent à défendre le système et à le justifier.

Mais ils ne justifient pas leurs systèmes sociaux en tout temps, expliquent les psychologues Aaron C. Kay de l’Université Duke et Justin Friesen de l’Université de Waterloo. Certains contextes, proposent-ils dans une étude publiée en 2011 dans la revue Current Directions in Psychological Science, motivent davantage à défendre le statu quo.

Selon les analyses des études sur le sujet, 4 conditions peuvent motiver à justifier un système.

 

  • Le système est menacé
    Lorsque ils sont menacés les gens se défendent eux-mêmes et défendent leurs systèmes. Par exemple, illustrent les chercheurs, avant la destruction des tours du World Trade Center de New York le 9 septembre 2001, le président George Bush plongeait dans les sondages. Aussitôt après, sa cote de popularité a grimpé ainsi que le soutien au Congrès et à la police.
    Autre exemple, lors de l’ouragan Katrina, les Américains ont été témoins de l’insuffisance « spectaculaire » de la capacité de la FEMA (Federal Emergency Management Agency) à sauver les victimes. Pourtant, beaucoup de gens ont blâmé les victimes plutôt que d’admettre les ratés de l’agence et de soutenir des idées pour l’améliorer.
    En temps de crise, disent les auteurs, « nous voulons croire que le système fonctionne« .
  • Les gens sont dépendants du système
    Les gens défendent également des systèmes desquels ils dépendent. Dans une expérience, illustrent les chercheurs, des étudiants ayant été mis dans un contexte les incitant à se sentir dépendants de leur université, défendaient une politique de financement de cette dernière, mais désapprouvaient la même politique de la part du gouvernement. Mais lorsque ils étaient mis dans un contexte les amenant à se sentir dépendants du gouvernement, ils approuvaient la politique de la part du gouvernement mais pas de la part de l’université.
  • Les gens ne peuvent échapper au système
    « Lorsque nous sentons que nous ne pouvons pas échapper à un système, nous nous adaptons. Cela inclut d’accepter des choses que, autrement, nous pourrions considérer indésirables« , expliquent les chercheurs.
    Dans une étude, mentionnent-ils, les participants étaient informés que les salaires des hommes dans leur pays étaient 20% plus élevés que ceux des femmes. Plutôt que de considérer le système injuste, ceux qui estimaient qu’ils ne pouvaient pas émigrer avaient tendance à attribuer l’écart salarial à des différences innées entre les sexes. « On penserait que quand les gens sont coincés avec un système, ils voudraient davantage le changer, dit Kay, mais en fait, plus ils sont coincés, plus ils sont susceptibles d’expliquer ses lacunes.»
  • Les gens ont peu de contrôle personnel
    Finalement, des études suggèrent que quand les gens sentent un manque de contrôle personnel sur leur propre vie, ils ont tendance à compenser en soutenant les systèmes et les dirigeants qui offrent un sens de l’ordre, afin d’être rassurés que les choses sont sous contrôle.

 

La justification, soulignent les chercheurs, n’est pas la même chose que l’approbation.
En justifiant un système, les gens lui attribuent souvent des qualités qu’il n’a pas mais devrait avoir. Il y aussi des limites, des point de basculement, au-delà desquels les systèmes ne sont plus considérés comme étant moins légitimes, mais comme complètement illégitimes et donc presque impossibles à défendre.
psychomedia.qc.ca avec sources: Association for Psychologial Science, Current Directions in Psychological Science.
Tous droits réservés
Voyez également:

(1) Introduite par le psychologue John. T. Jost et ses collègues en 1994.
Psychomédia avec sources: Association for Psychologial Science.

 

Voir l’article original
.

2014 : l’ultime offensive des NéoLibéraux contre le peuple

Texte complet ici

« Tout se passe en fait tel que prévu.

banques (4 bonhommes tassés)
L’objectif des NéoLibéraux, ici comme ailleurs, est clair : c’est la mainmise de grandes entreprises intégrées sur l’ensemble des ressources et la concentration de la richesse entre les mains d’un groupe de plus en plus restreint de joueurs.
(Au Québec, l’ennemi numéro 1 du peuple reste Power Corp./Desmarais/Parti libéral.)

Indignation - caricature - souper au milieu et police autour

Pendant des années, les NéoLibéraux ont mis en place tous les outils pour y parvenir :
– le contrôle de la monnaie par les banques privées,
– l’endettement des États et des particuliers,
– les agences de notation,
– la spéculation boursière,
– les outils de contrôle économique internationaux (OMC, BM, FMI, G8 et G20, ententes de libre-échange),
– la légalisation de l’évasion fiscale,
– les baisses d’impôt pour les entreprises,
– la rémunération des dirigeants exempte d’impôt,
– le contrôle des richesses naturelles,
– l’or noir et les pétrodollars,
– le blocage des protocoles de réduction des gaz à effet de serre,
– l’encerclement de la Russie par l’OTAN,
– la supposée guerre contre le terrorisme,
– le contrôle des médias de communication et des partis politiques dans le but de contrôler les élections et les gouvernements, etc.

Les NéoLibéraux sont maintenant parvenus à la «solution finale»: le démantèlement de l’État providence (redistributeur de la richesse), de l’État social, au profit d’un État purement contrôleur au service des intérêts économiques.

Capture
BANQUE SCOTIA.
MAIS NOUS POUVONS ENCORE AGIR ET RÉAGIR.

Au Québec, la seule inconnue politique est l’arrivée de Pierre Péladeau à la tête du Parti québécois, avec la souveraineté comme objectif premier. Ce nouveau joueur, dont l’appui populaire, mais aussi le statut, sont sans précédent, peut modifier la trajectoire de tous les acteurs en présence : il représente une possibilité, la dernière sans doute, de débloquer l’impasse du statut politique du Québec, sans toutefois apporter de réponse définitive à l’impasse du néolibéralisme.

Constitution René Lévesque

Je ne vois pas d’autre voie satisfaisante de sortie de crise qu’ un recours à la souveraineté du peuple, s’exprimant par une assemblée constituante non partisane, pour permettre une réforme en profondeur de nos institutions démocratiques (économiques, sociales et politiques) et une reprise effective du pouvoir par le peuple, et pour inscrire ces nouvelles règles du jeu dans une première véritable constitution démocratique du Québec. Et cela, c’est une Révolution…tranquille espérons-le, mais c’est la seule véritable solution. Preuve que c’est possible : certains pays ont commencé à le faire avec d’étonnants résultats : la Bolivie, l’Équateur, les pays bolivariens d’Amérique latine en général, l’Islande, et peut-être la Tunisie.

Roméo Bouchard, citoyen  constituant, Saint-Germain-de-Kamouraska. 27 décembre 2014. 

Démissions: mais que se passe-t-il chez Hydro-Québec ?!

(Source originale)

Voir aussi cette vidéo (Assemblée nationale du Québec): Démissions chez Hydro-Québec – Le gouvernement doit donner des réponses aux Québécois

Quatre démissions en cascade chez Hydro-Québec, et non les moindres, forcent les questionnements. Pourquoi Thierry Vandal (ancien militant libéral), Marie-José Nadeau (épouse de l’ex-ministre des Finances libéral Yves Séguin), Michel Plessis-Bélair (homme fort de Power Corporation) et Georges Abiad (qui doit avoir quelque chose à voir avec tout ça, mais quoi?) ont-ils claqué la porte de la plus importante société d’État?

Est-ce que ces départs ont rapport, comme l’insinuait hier le député péquiste Bernard Drainville, avec une enquête de l’UPAC? Peut-être, mais rien ne le laisse jusqu’ici présumer. Est-ce que Georges Abiad a quitté à cause de son implication dans le dossier des compteurs supposément intelligents? Peut-être, mais ça reste à être démontré. Est-ce la présence de l’ex-patron de la Sûreté du Québec, Mario Laprise, dans l’enceinte d’Hydro-Québec, afin de vérifier la nature de certaines activités, aurait poussé ces personnes vers la voie de sortie? Peut-être, mais rien ne le prouve. En fait, ces départs sont tout aussi importants (puisqu’il s’agit de la tête d’Hydro) qu’ils nous prennent par surprise. Rien ne les avaient annoncés. Voilà pourquoi nous demeurons prudents à ce stade-ci.

Une chose demeure toutefois, et c’est que tout ce beau monde était jusque-là dirigé par un président de conseil d’administration qui n’a absolument pas les compétences pour se charger d’une telle mission. Michael Penner, un anglophone juif du West-Island, a été nommé par Philippe Couillard à la tête d’Hydro-Québec l’automne dernier, et ce, en remplacement de Pierre Karl Péladeau, nommé lui à ce poste par Pauline Marois. Penner n’a aucune expérience digne de ce nom en gestion publique. Il ne connaît rien à la production d’énergie électrique. C’est un simple avocat qui a fait des sous dans l’industrie de la chaussette et de la bobette.

En 2006, Penner a racheté la compagnie Bonneterie Richelieu de son père Harvey. Ce dernier l’avait acquise dans les années 1990 de la richissime famille Simard de Sorel pour qui il avait travaillé pendant 30 ans. Les Penner sont donc des proches d’une famille reconnue depuis des décennies pour ses accointances avec les libéraux.

Les Simard ont marié leur fille Andrée à Robert Bourassa qui devait diriger les destinées du Parti libéral dans les années 1970 et 1980-1990. Bourassa nomma même le frère de son épouse Andrée en tant que ministre de l’Industrie. La présence de Claude Simard dans son équipe, un junior sans aucune compétence particulière,  souleva les interrogations. Et on conclut rapidement au népotisme. Avec raison.

En tant que propriétaire de Bonneterie Richelieu, Penner s’est surtout démarqué par son grand talent à délocaliser les affaires de la compagnie (Il n’a en fait aucun lien avec le Québec, ayant en plus réalisé ses études aux États-Unis).  Ses vêtements sont aujourd’hui fabriqués en Chine, en Turquie, au Mexique et au Cambodge. Tous des endroits où les travailleurs du textile sont bien traités. Comme on le sait tous.

Penner est un allié de Philippe Couillard. Selon le journal The Gazette, il l’a soutenu dans la course à la chefferie du Parti libéral. Il a aussi versé près de 6000$ aux libéraux de 2003 à 2011. Ce n’est donc aucunement son expérience ou son talent qui lui valut de se retrouver à la tête d’Hydro-Québec, mais bien ses accointances avec la famille libérale de Philippe Couillard.

Que des cadres supérieurs d’Hydro-Québec se soient sentis mal à l’aise d’être ainsi dirigés par un amateur qui pue la nomination partisane, ce ne serait pas surprenant. Ces départs s’expliquent peut-être aussi facilement que cela. Sans que l’on doive recourir aux grands complots pour les comprendre.

Il n’en demeure pas moins que le contexte devient favorable à Philippe Couillard qui pourra remplacer ces libéraux démissionnaires presque tous issus de l’ère Charest par des libéraux qui lui seront plus loyaux.

Philippe Couillard a d’ailleurs déjà commencé le travail. Il a nommé Yvon Marcoux sur le conseil d’administration de la société d’État. Ex-ministre libéral, Marcoux avait appuyé Philippe Couillard dans la course à la chefferie du PLQ. Il a aussi nommé le maire de Rimouski, Éric Forest, sur ce même CA. Forest est un libéral qui a hésité longuement avant de finalement refusé de se joindre à l’équipe électorale de Couillard, le printemps dernier. Il préférait terminer son mandat à la mairie de Rimouski.N’en demeure pas moins que Couillard le voit dans sa soupe. Couillard a aussi nommé Laurent Ferreira. directeur à la Banque nationale. Celui-ci aurait, selon le registre du directeur des élections du Québec, versé 2000$ aux libéraux ces dernières années.

Les nouveaux barbares : dictature libérale au Québec

Superbe texte. Résumé.

Parti libéral - Cabinet Simpson
Le Québec est gouverné depuis 12 ans (exception faite de 18 mois de 2012 à 2014) par les Nouveaux barbares.
Pour le Nouveau barbare, la culture et l’Histoire n’ont pas d’intérêt.
Il n’hésite pas à tout mettre sur le même pied d’égalité.
Leur désir le plus cher serait une immense vente de garage afin de tout liquider pour repartir à zéro.
Ce qui compte pour lui, c’est le présent, le « concret », ce qui est là sous la main.
C’est ce qui a fait dire à Philippe Couillard: « on est tous venus d’ailleurs » et que « c’est juste la date d’arrivée qui change », faisant ainsi de nous tous des immigrants.
Pas surprenant dans ce contexte qu’il se soit dit disposé à signer la Constitution canadienne.
Le Nouveau barbare est tout de même intéressé par l’avenir, mais pas pour un projet de société ou des valeur, seulement la valeur marchande, ce qui est comptabilisable et surtout rentable.
S’il se dit préoccupé par la dette, c’est dans le but d’ouvrir la porte à l’entreprise privée, c’est-à-dire à lui et ses amis.
C’est que le Nouveau barbare est convaincu qu’il s’est fait lui-même, qu’il ne doit rien à personne ni à la société.
« Si je m’en suis sorti tout seul, alors tout le monde peut en faire autant. »
Pour lui, le filet social est un ruban à mouches qui attire les parasites (autres que lui).
Pour lui, le rôle du citoyen est réduit à celui de simple électeur et surtout de payeur de taxes et d’impôts.
Dans sa gestion des « vraies affaires », il s’adresse au citoyen en tant que consommateur de services, d’usager, de client.
Le Nouveau barbare est un calculateur prêt à tout sacrifier pour arriver à ses fins.
Pour lui, la nature dans son ensemble est un bassin de matière première et d’énergie, comme un immense buffet chinois dans lequel lui et ses amis peuvent se servir à volonté pour s’enrichir. Plan Nord, pétrole de schiste, projet d’oléoduc… All you can eat.
Reste l’usage que le Nouveau barbare fait de la langue.
Les mots dans sa tête se comportent comme des girouettes : leur sens change au gré de ses intérêts et selon les circonstances.
C’est ainsi que « l’intégrisme religieux est un choix personnel » dans la bouche d’un Philippe Couillard et que la ministre Weil peut – ou non – accepter un intégriste dans son cabinet.

On doit exiger que François Legault publie sa déclaration d’impôts

Qu’est-ce qui a pou$$é ce fervent indépendantiste à passer soudainement à la profession de foi fédéraliste?
Dévoilement des rapports d’impôts, pour éviter de renouveler l’affaire Charest, chef du Parti libéral, qui recevait annuellement 75 000 $ du Parti Libéral, en plus de son salaire de chef de l’Opposition, puis de premier ministre.

Cet extra de 75 000 $ par année était le prix payé pour que Jean Charest abandonne la direction du Parti Conservateur et renonce à son ambition de devenir premier ministre du Canada.
21 août 2012
Pierre Dubuc
L’Aut’Journal, journal libre et indépendant.  Lien

 

Aux États-Unis, il est pratique courante d’exiger des candidats à la présidence qu’ils publient leurs plus récentes déclarations d’impôts. Présentement, d’énormes pressions sont exercées en ce sens sur un Mitt Romney réticent, mais qui aura beaucoup de difficultés à se défiler.

Au Québec, la publication des déclarations d’impôts des candidats au poste de premier ministre nous aurait permis de constater, dès son arrivées sur la scène politique québécoise en 1998, que Jean Charest recevait annuellement 75 000 $ du Parti Libéral, en plus de son salaire de chef de l’Opposition, puis de premier ministre.

Cet extra de 75 000 $ par année était le prix que les bailleurs de fonds libéraux ont accepté de payer pour que Jean Charest abandonne la direction du Parti Conservateur et renonce à son ambition de devenir premier ministre du Canada.

Nous avons un autre cas d’espèces avec François Legault. Tous se demandent qu’est-ce qui a amené ce fervent indépendantiste – il avait sa carte du PQ à 16 ans – à abandonner ses convictions les plus profondes pour des professions de foi fédéralistes.


Un comportement étrange

Dans Le mirage François Legault (VL Éditeur), le journaliste Gilles Toupin rappelle l’étrange comportement de Legault lors du scandale des FIER au printemps 2009. Ces Fonds d’intervention économique régionale (FIER) avaient été mis sur pied par le ministre des Finances Yves Séguin pour aider les entreprises à obtenir du capital de risque.

Porte-parole du PQ en matière de finances publiques, Legault avait découvert que certains dirigeants de FIER avaient investi de l’argent dans leurs propres entreprises et il étalait sur la place publique des pratiques fort douteuses.

Si bien que le ministre Bachand s’était vu contraint de demander au vérificateur général de faire enquête sur tous les projets qui avaient profité des FIER. Son rapport, publié le 2 décembre 2009, confirmait les allégations de laxisme dans la gestion des FIER.

Par sa maîtrise du dossier, Legault triomphait. Mais, nous apprend Toupin, « presque du jour au lendemain, François Legault ne voulut plus poursuivre ses charges à fond de train contre le gouvernement dans cette affaire ». Que s’était-il donc produit?

Selon Toupin, l’événement déclencheur est le fait que « le 30 avril 2009, alors qu’il se trouvait dans le Salon rouge de l’Assemblée nationale, François Legault reçut la visite impromptue d’un huissier qui lui tendit une mise en demeure de la firme d’avocats McCarthy Tétrault qui, au nom de ses clients Pietro Perrino et Valier Boivin – explicitement mis en cause dans le scandale des FIER –, lui faisait une demande formelle de rétractation ».

Toupin rapporte les propos d’un proche collaborateur de Legault : « Il était complètement paniqué et il avait peur pour son portefeuille; pour sa fortune personnelle. Il était très difficile de le raisonner. Nous avions beau lui rappeler que ses propos avaient été tenus en chambre et qu’il jouissait de l’immunité parlementaire, il ne voulait rien entendre. Nous lui disions que d’autres députés collectionnent sans conséquences les mises en demeure du genre, que le stratagème de Perrino et Boivin n’avait pour seul but que de le faire taire, qu’il ne devait pas s’inquiéter… il n’y avait rien à faire pour le rassurer. »

À partir de ce moment –là, Legault recule. Il ne veut plus toucher au dossier des FIER. A-t-il eu d’autres menaces, plus discrètes, touchant son portefeuille d’actions?


L’entrée en scène de Charles Sirois

Au moment où Legault amorce son virage, l’aile parlementaire du PQ découvre, nous apprend Toupin, que la personne qui a, au Québec, le plus d’intérêts dans les FIER est Charles Sirois, un proche de Charest, mais qui sera plus tard, le cofondateur de la CAQ!

Les recherchistes du PQ découvrent que Sirois, à la tête du holding Télésystème, est un acteur central des FIER et que les sommes en cause sont beaucoup plus importantes que dans le cas de Perrino et Boivin.

Citons à nouveau Toupin : « Les péquistes décident donc de foncer et de mettre en cause Charles Sirois dans le dossier des FIER à l’Assemblée nationale. Les questions sont rédigées. Il est pour ainsi dire minuit moins cinq, et tout est prêt pour lancer la frappe.

« Mais François Legault dit non; il refuse de faire le travail. Il s’abstient complètement. Pour s’en justifier, il se lève au caucus et annonce aux autres députés qu’il ne veut plus ‘‘ salir des réputations’’ – lui qui jugeait encore quelques jours plus tôt qu’il était pleinement justifié de dénoncer les abus commis par ceux qui avaient utilisé les FIER à mauvais escient. »

Devant le silence de Legault, c’est le député François Bonnardel de l’ADQ qui s’empara de l’affaire, de façon maladroite parce qu’il ne maîtrisait pas aussi bien le dossier que François Legault.


Fausse sortie

En juin 2009, Legault annonce qu’il quitte la vie politique. Selon Toupin, « il confie également à des collaborateurs qu’il a perdu de l’argent dans la crise économique de 2008 et qu’il aimerait bien se refaire dans le privé ».

Mais il semble bien que l’adieu à la vie politique était plutôt feint que sincère. Dans son long reportage consacré à la CAQ dans le magazine L’Actualité, (Dans le ventre de la CAQ, L’Actualité, mai 2012), le journaliste Alex Castonguay écrit que, pendant que Legault roulait vers Montréal avec son adjoint, Martin Koskinen, la sonnerie du cellulaire s’est fait entendre. « La voix grave de Lucien Bouchard retentit dans le téléphone. L’ancien premier ministre péquiste, qui a recruté Legault en 1998, le félicite pour son départ. ‘‘C’est le moment de prendre du temps pour toi’’ dit-il, avant d’ajouter d’un ton sérieux : ‘‘Il est aussi temps de penser à ton avenir politique.’’ »

On connaît la suite. Sirois et Legault vont s’associer et fonder la CAQ, avec l’appui de Pierre-Karl Péladeau de l’empire Quebecor, et la bénédiction du gouvernement Harper et de Bay Street.

Rappelons que les journaux anglophones de l’empire Quebecor, regroupés dans Sun Media, ont appuyé ouvertement le Parti conservateur et Stephen Harper lors de la dernière campagne électorale fédérale et que Charles Sirois est le président du conseil de la Banque Canadienne Impériale du Commerce (BCIC), la deuxième banque en importance au Canada, et traditionnellement liée au Parti conservateur.

On connaît la suite des événements, mais on ne sait rien des tractations qui se sont déroulées en Charles Sirois et François Legault, sous le parrainage de Lucien Bouchard. L’a-t-on aidé à se « refaire » financièrement? Touche-t-il un salaire secret comme dans le cas de Jean Charest? Ou a-t-il plutôt reçu pour sa conversion au fédéralisme des actions d’entreprises? La publication de ses récentes déclarations d’impôts et de ses transactions financières serait certainement d’intérêt public.

Aujourd’hui, Legault parle de « courage », en promettant de s’attaquer aux organisations syndicales. Mais, celui dont la fortune doit beaucoup à l’appui du Fonds de solidarité de la FTQ lors de la création d’Air Transat, était beaucoup moins « courageux » quand les Pietro Perrino, Valier Boivin, Charles Sirois lui ont intimé de cesser de fouiller dans leurs combines, comme nous l’apprend Le mirage de François Legault de Gilles Toupin.

Lettre au Parti libéral du Canada qui s’inquiète au sujet du Québec…

Lettre au Parti libéral du Canada qui se pose des questions sur le Québec

Chers amis du Parti libéral du Canada,


La Presse nous apprenait ce matin que vous vous inquiétez.

Vous vous demandez pourquoi vous n’avez plus d’appuis au Québec.

Et pourquoi les Québécois francophones refusent depuis des années de vous faire confiance.


Vous croyez avoir une explication simple. C’est la faute au scandale des commandites!

Les Québécois vous en veulent encore, croyez-vous.

Et vos grands stratèges ajoutent: c’est parce que nous avons refusé de nous en excuser.


La solution? Un peu de repentance, et vous sortirez de votre pénitence électorale.

Vous repartirez alors à zéro. Vite! Il faut jouer la scène des grandes excuses publiques. Du passé, vous feriez enfin table rase!


Ok. Comment dire, amis libéraux?

C’est plus compliqué que ça.

Ce n’est pas que le scandale des commandites, d’argent ou de corruption. 

Derrière les commandites, il y avait quelque chose de plus gros. De beaucoup plus gros.


C’est que ce scandale ne venait pas de nulle part. Il était le dernier écho du coup de force de 1982.

Je vous parle du rapatriement unilatéral de la constitution.

Je vous parle d’une révolution dans l’histoire constitutionnelle canadienne. Qui s’est jouée contre le Québec.


De l’histoire ancienne? Pas tant que ça.

Une constitution influence en profondeur un peuple. Elle est faite pour ça, d’ailleurs. Une constitution pose les fondements du pouvoir dans un pays. Elle le structure, le charpente.


On peut s’en moquer. Elle ne se moque pas de nous.


Vous vous en souvenez, de 1982?

De la Constitution que Pierre Elliot Trudeau a imposé de force, contre l’Assemblée nationale du Québec, alors qu’il avait promis, au référendum de 1980, de s’ouvrir aux revendications historiques du Québec?

C’est une page noire de notre histoire.


La Constitution de Trudeau nie le Québec.

Il n’est plus un peuple sur deux mais une province sur dix.
Il n’est plus une nation fondatrice, mais une communauté culturelle parmi d’autres
.


Le Canada se livrait au même moment au gouvernement des juges, au nom d’une Charte des droits désormais présentée comme un texte sacré. Être Canadien, cela voudrait désormais dire croire religieusement à l’œuvre de Trudeau.


Pour vous, ce Canada, il est sacré. Quiconque le remet en question passe pour hérétique. 

D’ailleurs, au moment de Meech, en 1990, lorsqu’on a cherché à faire reconnaître le Québec comme société distincte, les héritiers de Trudeau s’y sont opposés. On aurait gâché son œuvre.


Au référendum de 1995, les Québécois sont venus bien prêt de quitter ce Canada qui avait renié la théorie des deux peuples fondateurs. 

Ils ont voté oui à 49,4% à l’indépendance. 

Les Québécois francophones ont voté oui à 61%.

Le Canada a eu chaud. Il avait failli se rompre. Il s’est dit: plus jamais ça.


Il a misé sur le plan B. Ça aussi il faut s’en souvenir. Il ne fallait plus accommoder les Québécois mais combattre leur nationalisme. Ce plan B, vous l’avez porté. Il diabolisait le nationalisme québécois. Il menaçait le Québec de partition. Son grand stratège siège encore avec vous, soit dit en passant.


En son cœur, il y avait la loi C-20. Avec elle, le Québec n’a le droit de quitter qu’avec la permission du Parlement fédéral. Ce dernier, par ailleurs, serait seul juge de la clarté de la question référendaire.

On appelle cela une mise en tutelle et un déni du droit à l’autodétermination du Québec.


Les commandites s’inscrivent aussi dans le contexte du Plan B. Il fallait acheter la loyauté. Du moins celle de la frange de leurs élites qui a toujours trouvé dans sa capacité à faire accepter aux Québécois leur subordination politique la condition de ses privilèges. Ça devait être ça, le fédéralisme rentable.


Alors, vous comprenez, tout cela est compliqué. Les Québécois n’ont pas des griefs superficiels à votre égard. Il leur arrive d’avoir plus de mémoire qu’on croit.


Le PLC (le Canada?) veut s’excuser pour quelque chose?


1. Qu’il s’excuse d’avoir imposé au Québec une constitution qui diminuait les pouvoirs de l’Assemblée nationale.


Qu’il s’excuse d’avoir imposé un régime politique où la Cour suprême peut déconstruire la loi 101.


2. Qu’il s’excuse de nous avoir imposé la religion du multiculturalisme qui marginalise chez elle la nation québécoise et justifie l’idéologie des accommodements raisonnables.


Qu’il s’excuse de nous avoir imposé une Charte des droits qui consacre pratiquement le gouvernement des juges.


3. Qu’il s’excuse de nous avoir imposé la loi C-20 et d’avoir mis en tutelle l’Assemblée nationale.


4. Qu’il s’excuse d’avoir diabolisé le nationalisme québécois pendant des années en le présentant comme une passion xénophobe. Qu’il s’excuse d’avoir cherché à acheter la loyauté des Québécois.


Oui. Qu’il s’excuse de tout cela.

Et surtout, qu’il agisse en conséquence.

Qu’il amende sa constitution, qu’il désavoue l’héritage de Trudeau, qu’il s’ouvrira aux revendications historiques du Québec, qu’il n’essaiera plus jamais de nuire à la loi 101 et qu’il plaidera pour son application aux entreprises fédérales, par exemple.


Mais il ne s’excusera pas de ça. Bien sûr que non. Parce qu’il est fier de son héritage. Parce qu’il se croit le gardien du Canada. Parce qu’en renonçant au trudeauisme, qui est l’idéologie officielle du Canada de 1982, il renoncerait à son identité.


C’est justement là le problème du PLC au Québec. C’est l’héritage dont il est fier qui l’empêche de se réconcilier avec les Québécois francophones.

C’est l’idéologie qui lui sert d’identité politique qui l’empêche de renouer avec eux.

Le remariage est impossible.


Les Québécois francophones ne sont pas pressés d’aller vers l’indépendance, d’accord.

Cela ne veut pas dire qu’ils sont prêts à embrasser ceux qui l’ont floué et s’en font encore une fierté.


Amitiés,

Mathieu Bock-Côté

 

(Pierre-Elliott Trudeau)

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